100. Eenie, Meenie, Miny Mo (feat Lord Kossity, Certifié Conforme) : Un enchainement de freestyles mis bout-à-bout, un refrain de la voix à la mode de l’époque fin NTM-début IV my People : recette simple du premier “tube” de Salif.
99. Handeck (feat Kool Shen, Dany Boss et Exs, IV my people Zone) : Joli casting, bête d’instru. FMP, c’était pas seulement l’écurie d’un rappeur-producteur quasi-retraité, c’était aussi des vrais bons kickeurs parfaitement épaulés par Madizm et Sec Undo.
98. Rap et drogue (feat Zoxea, Certifié Conforme) : Non, Salif n’a pas attendu 2006 pour commencer à parler de stupéfiants.
97. Que du mytho (feat Exs, Talents Fâchés vol.3) : “Un conseil, dans la rue, te méfie pas des plus gros, mais des plus maigres”. J’ai le corps à Ramzy Bedia, prenez peur.
96. Kill Bill (Prolongations) : Intro du CD2 de Prolongations, parfaitement à la hauteur d’un projet qui a marqué sa carrière.

95. Warriors (Curriculum Vital) : Mélancolique, Salif, le dur, la caillera a la muerte, le warrior, laisse parler le coeur. Parfaitement réussi car il ne tombe pas dans le sentimentalisme mielleux, se contentant d’un fond de nostalgie parfaitement maitrisé.
94. Ouais mon pote (Qui m’aime me suive) : Typiquement le genre de morceau qu’on aime ou qu’on déteste. Perso j’peux l’écouter 50 fois de suite sans me lasser.
93. Jean Slim (Qui m’aime me suive) : Mais qui est ce gosse dans le clip ?
92. J’aurais voulu (feat Exs, Sisi la famille) : Peut-être le seul morceau de l’album où Exs met son compère à l’amende.
91. Bleu Blanc Rouge (feat Fofo44, Prolongations) : Une instru qui sent bon les 90′s, une dédicace au drapeau français, un très gros couplet de Fofo.
90. Bif, love & unity (feat Censee, Qui m’aime me suive) : Censee dans ce clip c’est un peu le sosie de Augustus Hill.
89. J’aime pas les clubs (Qui m’aime me suive) : Une prise de risque supplémentaire dans la discographie du MC de Boulogne, une réussite de plus. Nombre de rappeurs se sont cassé les dents à vouloir faire de l’electro, de AKH à TLF. Une fois de plus, Salif se pose en professeur et leur enseigne comment marier les styles avec style.
88. Responsable mais pas coupable (feat Exs et Mac Kregor, Prolongations) : Trois MC’s au top de leurs possibilités, notamment Mac Kregor qui pose une de ses meilleures performances depuis des années.
87. Fais ce que t’as à faire (Hostile 2006) : Le moralisme balayé d’un revers de la batte.

86. Itinéraire de voyou (feat Samat, Prolongations) : thème ultra-classique dans le rap français : la montée en puissance d’un voyou, qui finit par se faire fumer à cause de son appétit. Samat est très bon et apporte un véritable plus.
85. Veridik (Curriculum Vital) : Très bonne conclusion d’album, Salif se revendique une fois de plus comme authentique et véritable, à l’inverse de ton rappeur préféré.
84. On baise la concurrence (feat Exs et Sinik, Au pied du mur) : Nysay a réussi à me faire écouter un couplet de Sinik jusqu’au bout. Respect.
83. Association de malfaiteurs (feat Smoker et Scalo, Association de malfaiteurs) : “La rue c’est moi, c’est pas ces rappeurs de merde”
82. Il suffit (Les yeux dans la banlieue vol.2) : “il suffit d’un je t’aime à ta reus pour que … bref, tu m’as compris”
81. Tous de passage (feat Exs et Habib Kane, Sisi la famille) : “J’ai de l’amour pour mes frères, qui veulent me rembourser en haine”
80. Que se passe-t-il ? (feat Exs, IV My People Zone) : Salif Exs, Zoxea, Kool Shen, Jeff le Nerf, Dany Dan, Serum … IV my people réunissait de sacrés talents. Un joli gâchis.

79. Les kings (feat Exs, l’Asphaltape) : un morceau tout en technique sur lequel Exs excelle, évidemment. Salif n’est pas en reste et envoie un couplet percutant et imagé.
78. Pow (feat Exs, l’Asphaltape) : Bon je copie-colle la description de “les kings”, juste au dessus : un morceau tout en technique sur lequel Exs excelle, évidemment. Salif n’est pas en reste et envoie un couplet percutant et imagé. Le refrain est meilleur en revanche.
77. Stop (Curriculum Vital) : Oui oui, Salif est un illuminati. Haha.
76. Tricar (Prolongations) : Et Morsay qui pose un dialogue incroyablement pas crédible de 40 secondes en intro, et qui se permet de faire figurer le morceau dans sa discographie.
75. SDB (feat Exs et Fofo44, Sisi la famille) : Sampler la doublure française de Tony Montana pour en faire l’intro/l’outro d’un morceau, recette toujours gagnante. Le thème, aussi vulgaire et débile puisse-t-il être, est une vraie tuerie. On aurait rêvé de voir Alkpote en feat.
74. Blow (Curriculum Vital) : Message au rap français : “hé, bande de putes ! Ecoutez c’que c’est, un mec qui sait poser !”
73. Rue et argent sale (Boulogne Boy) : Le dirty south mode 2005 débarque à Boulogne. Des gimmics exagérées, un gros beat, une ambiance thug mais toujours très street : Salif s’adapte décidément à tous les styles.
72. Paquebot (Boulogne Boy) : Grosse performance lyricale, avec l’exploration complète du champ lexical de la mer (“je mets les voiles”, “mieux vaut avoir affaire au capitaine qu’à ses matelots”, “j’ai mis le cap sur la gloire”, “le bout de mon zob pour seule boussole”, etc)
71. Assurance hebs (Qui m’aime me suive) : “Les mandats ça se fait rare, comme les lascars qui savent pé-ra”
70. Chaud (feat Exs, l’Asphaltape) : Exs qui déclasse Salif, comme régulièrement sur l’Asphaltape : 2005 c’était vraiment une autre époque.

69. La rue te tue (feat Exs, Ma conscience) : Inviter Nysay sur une compil c’est l’assurance d’avoir un morceau qui va tirer le reste vers le haut.
68. Les fils de Jack Mess remix (feat Seth Gueko, Lino, Médine, Despo Rutti, Le fils de Jack Mess) : Ce moment gênant où Seth Gueko tente de charier Salif à propos de son sac de sport.
67. J’hésite (Curriculum Vital) : Choix très judicieux pour un premier single, “j’hésite” est l’une des très bonnes tracks de Curriculum Vital.
66. Mort de peur (feat Exs et Issaka, Au pied du mur) : Issaka, vrai soldat du rap game.
65. Bolos (feat Exs, Sisi la famille) : Un retour de Nysay serait la meilleure nouvelle depuis des années pour le rap français.
64. Automne (feat Exs, Sisi la famille) : “Ganté pour les braquo, pas pour les engelures”
63. La rage du bitume (feat Exs, Au pied du mur) : “Soit tu braques, soit tu raques, soit tu vas te faire enculer”
62. Mains sales (feat Seth Gueko, Mains sales) : Seth Gueko à son meilleur, Salif au niveau comme sur chacun de ses featurings.
61. La rue n’est pas un jeu (Streetly Street vol.2) : 10 places en plus dans mon classement pour l’intro extraite de “l’Impasse”.
60. Le biz a changé (l’Asphaltape) : A l’époque, pour voir le clip fallait posséder le CD original, le mettre dans ton PC et cliquer sur les bonus. Vraiment une autre époque.
59. Tous ensemble (feat Exs, Chacun pour soi) : Énergique et énervé, grosse performance de Exs, qui déclasse Salif comme rarement. On aurait rêvé d’un remix avec LIM, Alpha 5.20, 45 terrorist, ou autre(s) rappeur(s) estampillé(s) “caillera”.
58. Rap Gunshot (feat Serum, Chacun pour soi) : Serum-Salif, et c’est partit. Ça kicke dans tous les sens, et là tu te demandes si Serum existe toujours en 2011, ou si ça a coulé en même temps que IV My People. Puis Teobaldo du Blavog te répond que Alcide H et Dany Boss ont splitté, et que l’un des deux continue en solo sous le nom de Feuneu. Tristesse.
57. Prendre le large (Prolongations) : Un titre qui fait écho à “Paquebot”, et qui aurait pu figurer sur Boulogne Boy pour son ambiance musicale. L’un des textes les mieux écrits de Prolongations.
56. On allume (Qui m’aime me suive) : “Celle-ci c’est pour la old-school, lui dire qu’on la respecte, s’ils parlent mal bah qu’on la baise”. Salif, poète moderne.
55. J’y arrive pas (IV My People Zone) : Le Salif époque FMP était vraiment très bon. Vraiment blasé aussi, il en devient presque renonciateur sur ce morceau.
54. Interdit aux moins de seize (Prolongations) : “Ta bouche est un lieu de repos pour ma bite”
53. Le sens des affaires (feat Dany Boss, Mokless et Koma, Street life) : Scred Connex, que des classiques.
52. On vit nos rimes (feat Jeff le nerf et Kool Shen, Mission) : Dommage que Jln ne s’affranchisse pas de son image de protégé de Shen, c’est vraiment un putain de rappeur, aussi technique que puissant.
51. La zermi (Qui m’aime me suive) : Le genre de morceau qui fait que tu te demandes pourquoi Salif sort des “album avant l’album” (Boulogne Boy) ou des “projet en attendant la suite mais c’est pas un vrai album” (Qui m’aime me suive), et pas des vrais albums certifiés.

50. Gunz Poppin (feat Alpha 5.20 et la Comera, Rakailles4 “Ghetto Cac40″) : Le couplet de Salif est tellement haut que c’en est presque embarrassant pour les deux MC de la Comera.
49. Mauvais conseils (feat Exs et Issaka, Sisi la famille) : Nysay + Issaka, vraie combinaison réussie.
48. La danse du ghetto (feat Exs, Au pied du mur) : Putain d’instru, putain de punchlines, putain de refrain.
47. Le débat (feat Jacky Brown, Écoute la rue Marianne) : Salif qui fait du rap politique ? Oui oui. Un Fofana dans la peau de Nicolas Sarkozy. Et qu’est ce que c’est réussi ! Juste impressionnant.
46. Lucky Luke (Triumph) : Rien que l’instru …
45. Boulogne Boy (Boulogne Boy) : Et ce commentaire magnifique de “Scarsam95″ sur youtube (fautes de français incluses) : “Les vrais boulogne boys sont des supporters du Kop Of Boulogne ! Rien a voir avec ce negre débile. Les vrais boulogne Boys sont français et blancs, aime la France et le porc et déteste tous ce qui se rapproche de prés ou de loin a la racaille,a l’anti-france et a la culture des negres et des bougnoules ! BB85 ! Les vrais Boulogne Boys se reconnaiteront !”
44. Eh l’ancien (Curriculum Vital) : Toujours ce Salif désabusé et cruellement réaliste, qui traite une fois sur deux du même thème, et qui arrive à chaque fois à en faire un morceau tout à fait différent. Vrai artiste.
43. Yoyo (Boulogne Boy) : Six ans après “Chacun pour soi”, Salif est de retour en solo. Et dès la première piste de Boulogne Boy, on sent l’empreinte de Nysay. L’ambiance est street, crue : “ton trou de balle appréhende déjà le prochain parloir”. Fon est définitivement enterré.
42. L’homme libre (Qui m’aime me suive) : Lettre ouverte à lui-même, à ses proches, à son public. Incroyablement lucide, sincère et censé sur tous les aspects de sa vie, Salif Fofana signe une performance qui vaut comme un véritable testimonial de sa carrière.
41. Tu veux la guerre (feat Dabaaz, Moi ma gueule et ma propre personne) : Une instru taillée pour Salif, choix de featuring parfait pour Dabaaz.
40. Feuille blanche (feat Exs, Sisi la famille) : Beaucoup plus sombre que la majorité des morceaux du groupe, Feuille blanche n’est que le témoignage de deux MC’s qui ont déjà beaucoup, beaucoup écrit sur la rue, et qui ont l’impression de ne rien avoir de nouveau à raconter : “qu’est ce que je pourrais te dire qui a pas été dit par Lino, ou Luciano ?”. Un constat qui explique peut-être le besoin de Salif de prendre un virage et d’explorer de nouvelles choses, comme sur “Qui m’aime me suive”. Ou pas.

39. Streets (IV my people Zone) : Vrai hymne à la rue, sombre et réaliste. Dix places en plus dans mon classement grâce à l’intro de “l’Impasse“, bis.
38. Le ghetto brule (feat Exs, l’Asphaltape) : Avec le recul, Nysay était vraiment trop haut. Un beat et ça kick comme en Thaïlande, c’est street, pas de cinéma.
37. Monte au charbon (Curriculum Vital) : Putain de tubesque.
36. Ying Yang (feat Exs, Sisi la famille) : Qu’est ce que je disais un peu plus haut ? Ah oui, ” Salif soigne ses intro”.
35. Salif VS Salif (Qui m’aime me suive) : S’il y a bien une chose qu’on n’enlèvera pas à Salif, c’est qu’il sait prendre des risques au micro. Concept original d’un Salif 2010 en pleine discution avec le Salif de “Tous ensemble”, excellent dans le fond comme dans la forme. On aimerait que d’autres rappeurs français reprennent le concept : Booba version A4 discutant avec lui-même époque Cash Flow, Kool Shen version poker face à lui-même époque Authentik, etc.
34. Ghetto youth (Boulogne Boy) : Un des plus gros classiques de la carrière du MC de Pont de Sèvres, parfaite vitrine de cet “album avant l’album”.
33. On fume, on traine (feat Exs et Issaka, Rap Impact) : “Le shit, c’est comme les Ericson, c’est plus à la page”
32. 10 ans plus tard (feat Exs, 10 ans plus tard) : Locomotive du premier (et seul) album solo de Exs, Salif tire son compère vers le haut : grosse réussite.
31. Peep Show (feat Alkpote, l’Empereur) : “Tu fais le gangster, j’te laisse du sperme dans le zen”. Bah oui, Salif se met dans l’ambiance de Alk-putain-d’pote.
30. 0 grammes 9 (feat Exs, Sisi la famille) : Un des meilleurs sons de Sisi la famille. Exs y pose sa performance la plus pertinente de l’album, et pour la première fois depuis longtemps c’est Salif qui semble devoir rattraper son collègue.
29. Cash converter (Curriculum vital) : Enfin un MC qui va au bout des choses. Gros story-telling naviguant entre vécu et scénarisé, gros refrain hypnotique : morceau-poids lourd.
28. A ma place (Curriculum Vital) : Réponse aux critiques cinglante et précise, un “jactez j’m'en bats les couilles” presque une décennie plus tard. Moins nerveux mais plus cynique après des années à bourlinguer entre l’ombre et la lumière de la scène rap, Salif évite avec brio le ridicule dans lequel peut faire tomber ce type de morceau “réponse aux rageux” (cf Rohff).
27. OD (Qui m’aime me suive) : Mis à part quand c’est fait par Casey et Hamé, l’association rap/rock ça donne généralement rien d’autre que de la merde. Et puis, Salif débarque. Il reprend tous les codes d’un morceau rock, met de côté quasiment tout ce qui fait de lui un rappeur, et pose une bombe qui justifie à elle seule l’achat de “Qui m’aime me suive”.
26. Je t’aime, moi non plus (feat Exs, Sisi la famille) : Un sample juste magique, beaucoup de romantisme : une piste à ranger entre “Saint-Valentin” de Orelsan et “Rendez-vous” du Aelpeacha.
25. C’est la guerre (feat Exs, Dans la ville) : Beat de Boul > le rap français

24. Téléphone arabe (feat Médine, Tunisiano, La Fouine, Ol Kainry, Kenny Arkana et Rim-K, Table d’écoute vol.2) : Salif > le rap français
23. Dans les halls (feat Exs, Streetly Street vol1) : Et cette version italienne présente dans les commentaires youtube. En tant qu’italophone, j’peux te dire que le mec a le niveau.
22. Tu veux nos vies (feat Exs, Au pied du mur) : Quand Flavie Flament rencontre le ghetto.
21. Jeunesse en péril (feat Exs, l’Asphaltape) : Nysay, meilleur groupe rap français de l’histoire ?
20. Black Skin (Prolongations) : Dès la première piste de Prolongations, Salif tape fort. Grosse réponse aux pseudo-polémiques sur l’appelation “Boulogne Boy”, qui selon la légende serait réservée aux skinheads décervelés squattant les tribunes du Parc des Princes : “raciste et SS, t’as le bonsoir du Black Skin”. Flow puissant et incroyablement bien maitrisé, punchlines à tour de bras, prod massive : tu l’as dans le boul, à la Laurent Ruquier.
19. C’est dar (feat Exs, Au pied du mur) : Un jour, ma mère m’a demandé “tu écoutes quoi comme musique ?”, j’ai répondu “t’es sûr maman ?”, j’ai lancé “c’est dar”. Elle ne s’en est jamais vraiment remis.
18. Jeunesse 2007 (Boulogne Boy) : L’ambiance musicale de “Chacun pour soi”, les lyrics crues et street de “Boulogne Boy”. “Pétasse tu fais la belle, on va t’apprendre à faire la moche” : punchline du siècle.
17. Notre vie se résume en une seule phrase (Chacun pour soi) : “Ils nous ont baisé, ils nous baisent, et ils nous baiseront encore”.
16. 92FM (Boulogne Boy) : Salif Fofana, premier sur la racaillerie.
15. Jamais sans mes chaines (Qui m’aime me suive) : Meilleur son du projet Qui m’aime me suive. Bête de prod, et puis, Salif et l’autotune ça se marie décidément à la perfection.
14. On vit l’époque (feat Exs, l’Asphaltape) : Dans mon top5 perso des morceaux les plus saignés de ma vie.
13. Dans ce game (feat Exs, Sisi la famille) : Exs et Salif qui se répondent d’une phase à l’autre, à l’image de Booba et Ali sur “Avertisseurs”, et c’en est presque fusionnel, car l’un et l’autre lancent les mêmes intonations, on en vient même à se demander lequel des deux à écrit les lyrics.
12. Pourquoi (feat Exs, Au pied du mur) : Les quatre premières pistes de “Au pied du mur” > la discographie de n’importe quel groupe de rap français (ou presque)
11. Avec le temps (feat Exs, Au pied du mur) : “Nizé“. Haha.
10. Spéciale dédicace (Boulogne Boy) : Lettre ouverte à l’État. Instrumentale intemporelle. Une dédicace à Yvan Colonna. Une autre à JPP (le journaliste du terroir, pas le footballeur). Quelques crachats sur le système judiciaire, sur la politique, sur la police. Un homme désabusé “qui a toujours manqué de tout mais ne demande jamais rien”. L’essence même de Salif.

9. Elle est partie (Chacun pour soi) : Thème très risqué en 2001, à une époque où le sentimentalisme et les histoires d’amour n’ont pas encore percé la coquille d’un rap français cimenté et borné aux limites du diptyque rap conscient / rap de rue. Salif brise les barrières et se raconte avec une sincérité presque flippante tant il nous laisse plonger dans l’intimisme de sa relation de couple et de son alcoolisme.
8. La course à l’argent (feat Exs, l’Asphaltape) : “Il y a là des signes pour ceux qui réfléchissent”
7. Besoin de (feat Exs, Sisi la famille) : Un Salif en grosse grosse forme, qui ne laisse que des miettes à Exs. Parfaitement à l’aise, trop de flow, trop d’humour sale (“besoin de tchatche pour pouvoir péter le miaou de ta soeur”, “besoin de protéines, j’déteste l’aérobic”, “pour savoir si j’te prends ton shit, besoin d’un échantillon” …).
6. Brabus (feat Exs, Au pied du mur) : Un véritable bijou. Texte grandiose, flow nerveux mais sans surenchère, ambiance racailleuse saupoudrée d’un zest d’egotrip : au-dessus c’est le soleil.
5. Jactez j’m'en bats les couilles (Chacun pour soi) : Les jaloux, les haineux, les envieux, thème maintes et maintes fois traité dans le rap français. Salif fait les choses bien. Plus nerveux que sur la moyenne des tracks de l’album, il frappe fort, trois minutes durant. Une violence énergique et maitrisée, à la manière d’un boxeur qui enchaine proprement son adversaire jusqu’au k.o. Gros classique.
4. Enfance gâchée (Boulogne Boy) : Peut-être la meilleure track de Boulogne Boy. La plus sobre : instru, thème, lyrics … Salif pose à la fois le bilan de son adolescence et une série de mises en garde à la nouvelle génération. Loin d’être moraliste, il affiche un cynisme presque résigné : “tu te balades des barrettes entre les couilles ? Pff, ton téléphone est comme le mien, il est sur écoute” ; “nos vies sont toutes similaires, dis-toi que les pères d’aujourd’hui ne sont que les bandits d’hier” ; “là-bas, tes potes t’écriront, les autres t’oublieront” …
3. Caillera a la muerte (Prolongations) : Le genre de classique à double facette. L’effet secondaire Nas-Illmatic. Un morceau qui a tellement marqué le public qu’il devient impossible de s’en démarquer. Qui fait qu’à chaque fois que Salif va sortir quelque chose, il y aura forcement un mec pour dire “ouai mais ça vaut pas Caillera a la muerte”.
2. Journée en enfer (Prolongations) : Un son qui pourrait résumer toute la carrière du rappeur. Pour l’instru : deux notes de piano battues violemment, un beat, une mélodie ténébreuse en fond. Pour les lyrics : du Salif tout craché, “halls remplis comme nos casiers judiciaires”, “le système qui nous baise, les sirènes qui nous bercent” … L’ambiance est totalement désabusée, l’auditeur se sent écrasé par tant de lourdeur, l’air parait irrespirable. Pas la moindre lueur d’espoir dans ce noir dense et opaque : “la darone en a marre d’aller bosser, l’appart’ est désossé”, “pour le petit frère, pas de carrière de foot, PES le console”, “”tu veux baiser de la pute ? fais belek au bois, les meufs y sont suspectes comme la mort de Beregovoy”, “mon pote craque en gardav, attendant ce batard d’OPJ”, “tu dors, tu te lèves, et ensuite ? pff, c’est la merde …”
1. Dur d’y croire (Chacun pour soi) : Un cynisme d’une lucidité malheureusement trop peu présente dans un paysage rap français qui a du mal à se regarder dans un miroir, si celui-ci n’est pas déformant. Toutes proportions gardées, et dans un contexte tout à fait différent, on pourrait presque voir dans “dur d’y croire” le prolongement de “blessé dans mon égo” de Ekoué. Là où la banlieue représente habituellement le prétexte facile du manque de réussite social ou professionnel, elle a ici “bon-dos”. Pas d’autre coupable que lui-même, une véritable “auto-destruction”. N’exprimant pas vraiment de regrets sur ce point, Salif passe de la vision de son père, qui préférerait le voir plombier ou bricoleur plutôt que “bon à rien”, et “drogue dans les poches”, à ce rôle de caillera ni glorieux ni glorifié qu’il finit par assumer entièrement.