“J’ai le fou-rire quand je mens, pourtant je dis Bismillah quand je mange …”

Rapologiquement parlant, peu de choses à se mettre sous la dent ces derniers temps. Depuis la sortie de Confessions d’un Enfant du Siècle, hormis la surprenante mais néanmoins intéressante BO de « Mesrine », rien à croquer. En manque de punshlines, en manque de samples, en manque de mélodies, je n’irais pas jusqu’à dire « en manque de beats », tu pourrais mal l’interpréter … Heureusement Médine est arrivé, et nous a sorti du vide rapologique dans lequel le microcosme des amateurs de hip-hop se trouvait (honnêtement, autant j’avais jamais vraiment accroché sur ses sons, mais là … il a changé de style d’écriture ou quoi ? C’est technique, travaillé … juste comme j’aime !!). [J'ai écrit cette phrase il y a bien deux semaines, on notera depuis les sorties de Escobar Macson ou Seth Gueko]

Et voilà que, Noël s’approchant, arrivent les poids lourds, ceux qui pèsent, ceux qui vendent, les têtes d’affiche. En deux noms : Booba et Rohff (mettons de côté Sinik et Diam’s, qui vendent au moins autant, mais qui tâtent un autre registre). Pas ceux que j’écoute, forcément. Mais la sortie de « 0,9 » sera pour moi l’occasion d’un article, quasiment d’une chronique. Pourquoi ? Bonne question. Non, je ne suis pas redevenu fan de Booba, comme à l’époque de Mauvais Œil et de Temps Mort. Oui, Booba est toujours aussi (toujours plus ?) ridicule. Et pourtant, il continue de m’impressionner. Paradoxal ? A voir dans la suite de l’article, si tu prends la peine de le lire.

Ce ne sera donc pas un article qui encensera l’ourson. Pas non plus un article qui cherchera à le tourner en dérision. Pas intéressant, et Sinik l’a fait beaucoup mieux que moi. Ce ne sera pas non plus une simple critique du dernier opus du Élie Yaffa (son veritable nom). Appelle ça article, chronique, critique, j’en sais rien, lis juste.

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De sa dépendance à l’argent

1997 :

Je suis condamné à percer sans donner mes fesses
et si ça marche, cool, sinon nique sa mère
je rapperais que pour mes frères
Je roulerais pas en Lexus, fils, je peux rien y faire
Je serais pas connu des bourgeois
ils verseront pas de cash pour moi

(Lunatic, Les Vrais Savent)

2007 :

C’est un pour la monnaie, deux pour la monnaie, trois pour la monnaie, quatre pour la monnaie

(Booba, Garcimore)

Première chose qui frappe quand on passe du Booba des débuts, à celui que l’on connait aujourd’hui : si le premier avait un fort attrait pour l’argent et le luxe, sans pour autant en faire une condition sine qua non à sa survie sur cette planète hostile, c’est pour le second une véritable obsession. «Chaque jour que Dieu fait, du cash, c’est ça que je fais » … en somme, l’argent, l’argent et l’argent. Parait-il, plus on est riche, plus on en veut. Booba ne fait que le confirmer. Il faut dire qu’entre sa musique (Ouest Side double disque de platine), sa marque de fringues (Unküt, l’une des marques de Streetwear les plus vendues en France), et ses produits dérivés (j’imagine même pas le chèque qu’on a dû lui poser uniquement pour apparaître sur la pochette de Saint’s Row), nul doute que le personnage paie l’ISF. Il le confirme, « quatre années de loyer en poche », et en redemande : « j’peux encore compter mon biff, ça veut dire que j’en ai pas assez ». Car l’artiste en est certain, « l’argent fait le bonheur j’en reste convaincu ».

Il ne se prive pas non plus pour rappeler, que, si lui pèse en monnaie, l’auditeur, lui, ne peut pas en dire autant. « J’effleure le ciel, tu touches le RMI ». Ça peut paraître prétentieux, souvent ça l’est. Mais tu ne peux pas t’empêcher de sourire en entendant certaines phrases, et de te dire « quel gros batard ». « A l’heure où je te parle, je suis peut-être à Miami, accompagné d’un 90D, à bord de ma Ferrari. ». Honnêtement, quand il est six heures du matin et que tu pars au taff, t’entends ça … ça calme. Et c’est l’effet recherché. « Tous les jours je taff dur, tous les jours je galère, tous les jours tu te demandes combien y’a de zéros sur mon salaire. » ; Et t’en as une par mesure comme ça … «J‘ai un putain de salaire, la putain de sa mère » ; En gros, je suis riche, je pèse, toi tu vaux rien, et en plus de ça tu m’écoutes. D’ailleurs, Booba le résume parfaitement par un délicat « T’as pas de crédit, sauf à la banque, t’es qu’une grosse merde ». Ça a le mérite d’être clair.

De sa passion pour le luxe

« Chaîne en or, bague en or, dents en or… Toi t’es plus un corps mais une bijouterie » (Ali, Golden Boy)

« Tellement de diamants sur ma montre, je ne sais plus quelle heure il est ». (Booba, Game Over)

Booba ne joue pas seulement au nouveau riche (plutôt qu’à l’ex-pauvre, comme le soulignerait Seth Gueko), il le vit aussi pleinement. Non content d’afficher le fait qu’il gagne en un mois ce que tu gagnes en dix années, il joue et surjoue de ça, dans un effet bling-bling des plus clinquants. On se souvient du fameux « j’ai le prix d’une Clio sur le poignet ». Dans le même style, on relèvera le tout aussi discret « tellement de diamants sur ma montre, je ne sais plus quelle heure il est ». Ali appréciera. Il est vrai que, comme certainement jamais avant 0,9, un album de rap français n’avait été conçu du premier au dernier morceau comme un album de rap US. Des prods aux featuring, de la mise en scène du produit Booba aux clips faits de biatchs et de bling-bling. Car, plus que jamais, l’ourson veut montrer ce qu’il a, se montrer, comme sur cette pochette où il apparaît torse-nu … Là où en 2003, le même ourson critiquait MC Jean Gab1 pour le même état de fait (« j’ai vu ton clip hilarant torse nu les barres t’es trop marrant »). Et, si le gringalet que je suis peut se permettre, la carrure de Gabin n’a rien à voir avec la gonflette de B2o. Et pourtant, il s’aime, ça en devient presque flippant. Il aime son biff, il aime ses bijoux, il aime même son corps («double D mon tour de poitrine») …

Autant d’amour propre, ça ferait presque flipper. L’album est construit quasiment uniquement sur de l’egotrip, ne cherchez pas des thèmes originaux. Booba apparaît donc comme sûr de lui, ne laisse transparaître aucune faiblesse dans ses textes, ou du moins très rarement, et très superficiellement : « On m’a jamais dit ce que j’allais devenir, que mes démons fuiraient mais qu’ils allaient revenir ». En effet, l’ourson ne parle quasiment pas de lui, il ne se livre donc pas. Il faut dire que l’animal n’a pas l’habitude de faire dans l’émotion ou le sentiment.

Futur antérieur

Une chose est frappante, il ne parle pas, ou très peu, de l’avenir. Est-ce parce qu’il préfère profiter de l’instant présent, lui seul le sait. B2o se contente de nous rappeler qu’il n’a pas prévu de perpétuer son nom pour le moment («ma descendance est morte dans un rouleau de sopalin»), lui qui semble parfois considérer la paternité comme une faiblesse («leur vue baisse et j’vois des couches dans leurs poubelles », Jusqu’ici tout va bien, 2002). Rien sur l’avenir, que dire du passé ? Une ou deux références à Mauvais Oeil, (« Hors de portée, mort de rire, sans remords, quand j’écoute les menaces de mort des forces de l’ordre », Bad Boy Streets) ; « j’mets le feu, n’appelle pas les pompiers ils vont se faire caillasser.»), une ou deux autres à son actualité plus récente, de ses freestyles controversés (« Lalala chatte à ta mamie », Garcirmore) à ses passages télévisés, toujours aussi controversés (« ta grand mère me reconnait car elle m’a vu à la Starac », Game Over).

De son rapport à la gente féminine

« Une fois qu’elles goûtent à mon pénis, j’ai du mal à m’en debarasser »(Booba, Game Over)

Sur ce point, au moins, rien n’a changé. En 2000, Booba « kiffe les tass, mais j’veux pas dire à mes gosses que, elles aiment les grosses voitures et les grosses queues. » (Si tu kiffes pas) … En 2008, son opinion sur les centres d’intérêt féminins n’a apparemment pas bougé d’un poil : « Une grosse voiture, une grosse queue, c’est ça que tu veux ».

En 2000, Booba disait vouloir « des lingots et puis une pute à côté de moi quand je ronfle » (Hommes de l’hombre). A l ’époque, il s’endort avec du Wu-Tang (Pas d’temps pour les regrets). Aujourd’hui, il « s’endort sur du Wu-Tang et une douzaine de tass ». Soulignons sa grande bonté, il « redonne le sourire aux michtons et aux concessionaires ». Ce qu’il conviendrait simplement de se demander, c’est de savoir si dans l’univers boobesque, la femme peut éventuellement être considérée comme autre chose qu’une pute. «Mes baskets sentent la shnek, trop de putes à mes pieds » … la réponse paraît évidente. Quand le rappeur parle d’elles, c’est assez primaire : «Suce-moi dans ma lambo sans faire de taches» ; « Elles en redemandent, elles kiffent le double décimètre » ; ou encore, « L’avaler tout entière, je crois bien que tu peux ». Je crois qu’on peut s’arrêter là. Pas de souci à se faire pour la libido de Éliej’ai toujours envie de baiser comme un singe bonobo »).

Ces êtres étranges que l’on appelle couramment « femmes » seraient donc uniquement des objets crées dans le but de satisfaire l’appétit de l’ourson. Quel honneur … mais, heureusement pour la fierté de Booba, ces demoiselles passent après son premier amour : « Elles me courent après, je cours après le cash », et repartent donc « le coeur brisé, le cul cassé » (Pourvu qu’elles m’aiment). Quoique, au final, c’est peut-être bien lui le plus à plaindre : «tellement de numéros, je ne sais même plus qui fourrer»…

Réponse à ses détracteurs

« putain de sono dans le coffre, plus de place pour y mettre un négro » (Game Over)

Ce n’est un mystère pour personne, Booba a certainement autant d’opposants dans le monde de la musique que Sarkozy dans celui de la politique. De Rohff (« Stratégie marketing, la taule les braco, biatch en casting, des armes en photo, il revendique la 0.9, que du bluff, avant son succès, il gérait zéro meuf, il perd son sang froid », Rap Game) à Sinik (« T’as remplacé Ali pour faire un groupe avec Tony Parker », « Maintenant c’est plus le crime qui paie, c’est la Starac », L’homme à abattre), en passant par Kyzer (« Tes parents t’ont financé l’université aux States», Délit d’Ourson) ou Gabin (« Même pas renoi, même pas rabza, juste un jaune d’oeuf mal séca » , J’t'emmerde). Et il est le premier à reconnaître que le clash n’est pas sa spécialité, en témoigne le flop de Carton Rose. Pourtant, il excelle quand il s’agit de lancer des piques à ses adversaires, sous forme de phrases subtiles et placée, de Fabe (« putain quelle rime de batard », La Lettre ; « Y’a des forts et des faibles, hardcore et des Fabe », Groupe Sanguin) à Rohff (« Génération t’inquiètes, rien que tu prends des pépètes, mais rien que tu suces », Les gens parlent d’amour), en passant par le Ghetto Fabulous Gang (« Des clochards vendent des copies de mon nouvel opus, prennent le bus pour aller sucer au marché aux puces », Le duc de Boulogne).

Booba a beaucoup d’ennemis, et c’est peut-être bien ce qui fait son succès. Rien de plus simple pour faire monter un buzz que de clasher à tour de bras, l’histoire rapologique nous le prouve, qui aurait entendu parler de Gabin ou de Kizito sans leur veine provocatrice ? Où serait aujourd’hui Fifty Cent sans son passé de clasheur ? Qui a oublié la fameuse «guerre» Tupac-Biggie ? Le beef est la façon la plus simple et la plus rapide de faire parler de soi, et quand tu t’appelles Booba, que l’on parle de toi en bien ou en mal, c’est toujours tout benèf. On a jamais autant parlé de lui qu’au moment de l  ‘ « Homme à abattre » et « Carton Rose », même si, il faudrait être sourd pour ne pas le penser ainsi, Booba s’est fait démonter comme jamais. Les forums étaient en ébullition, les moteurs de recherche surchargés de requêtes, les radios en pleine effervescence … Un buzz énorme, rapide et gratuit. Les deux poids lourds (en thermes de ventes) du rap français qui s’en prennent l’un à l’autre. De quoi parler et faire parler. Aujourd’hui, de quoi parle-t-on ? De la rivalité Rohff-Booba. Les deux albums sortent quasiment en même temps, chacun jacte sur l’un ou sur l’autre, le buzz est lancé. Deux artistes qui ne se sentent plus dans leurs pompes, tout ce qu’il faut pour que ça soit énorme.

Sauf qu’on est en France, pas aux States. Aux States, ça aurait été énorme. Tupac versus Biggie, Fifty versus Kanye (nan nan pas Nelly versus KRS one s’il vous plait), Wu Tang versus Puff Daddy (ou Pididi ou Diddy ou Puff Duffy … bref Sean Combs quoi), ça, ça a fait parler, ça, c’était fort. Est-ce qu’on peut s’attendre à quelque chose d’intéressant ? J’ai du mal à y croire, l’avenir nous le dira.

Autre point intéressant, Booba semble se moquer des critiques, comme si elles n’avaient aucune incidence sur lui (« Tous ces pédés m’ont regardé à la Staracademy », Garcimore). L’ourson n’a pas honte d’avoir retourné sa veste, il le revendique presque : « Personne ne vend plus que wam, à ce que je sache » (Salade, tomates, oignons).

Booba, artiste engagé ?

« Rebelle moderne, j’en ai rien à foutre du 8 mai »

Booba n’a jamais été vraiment réputé pour l’aspect conscient de ses textes, ni pour ses prises de position en faveur de telle ou telle action. Là encore, la chose ne fait que se confirmer. Celui qui se revendique avant tout du peuple noir (« J’suis un sale négro car maman a épousé un black », Bad Boy Streets), enfant de l’esclavage, révolté par la condition des siens, semble finalement bien plus préoccupé par l’état de son compte en banque que par l’état de santé de l’Afrique : « Mon continent appelle à la rescousse, personne ne le répare » (B2oba).

La planète se meure ? Booba « roule en 4&4, rien à foutre de la pollution » (Illégal). Que peut-on ajouter à cela ?

Le monde se déchire dans les guerres de religion ? L’ourson s’en « lave le pénis à l’eau bénite » (Illégal) …

Des exemples qui parlent clairement : Elie en a tout simplement rien à taper de tout ce qui ne touche pas directement son capital boursier. Les femmes sont mises plus bas que terre, les chômeurs, les pauvres, les orphelins, les religieux, les acteurs sociaux, tous en prennent pour leurs grade, les détracteurs comme les fans sont meprisés … Booba nous méprise tous, méprise tout.

Que faut-il en penser ? Deux choses : tout prendre au pied de la lettre, et se dire que ce mec a les plus grosses chevilles de la Création, ou alors le prendre « à un degré simple », et simplement apprécier le sens de la formule de l’artiste qui ne voulait pas en être un. Et c’est justement ce qui fait la différence selon moi, entre Booba et Rohff. On peut écouter le premier sans le prendre au sérieux, il est difficile d’écouter le second en se disant qu’il ne pense pas forcement ce qu’il dit quand il part en égotrip. C’est l’essentiel, ce qu’il faudra retenir de ce billet : Booba fait toujours des sons inaudibles, mais il a toujours autant le sens de la formule.

J’ai mis de côté l’aspect purement musical, puisque ce pamphlet ne serait qu’une énorme critique sans la moindre pitié : les prod sont à la limite du supportable, les techniques utilisées frisent le ridicule (s’il vous plait les gars arrêtez avec le Vocalizer, ça passe vraiment pas, surtout quand tu racontes que tu baises le monde), et le flow de Booba sombre de plus en plus vers une monotonie fade et sans dynamisme, à se demander où est passé l’artiste qui posait sur Temps Mort.

Pour terminer, quelques liens intéressants pour éventuellement aller plus loin dans votre lecture :

« Regarde mon gun, j’suis fashion, sur YouTube, Dailymotion »

18 Risposte a ““J’ai le fou-rire quand je mens, pourtant je dis Bismillah quand je mange …””

  1. Tu ne te fouterais pas grandement de la gueule de ton lectorat toi par hasard ;)

  2. jihadbynature Dice:

    J’avoue ça fait perpette que je dois le finir ce batard d’article. Bah tu sais quoi connecte toi demain matin et il sera en ligne (si il y est pas c’est que la fatigue me fait écrire des phrases trop insensées pour êtres publiées)

  3. Paolo-Vincenzo Dice:

    Cet article ne fait que confirmer ce que je pensais à son propos… Un grand bravo pour avoir eu le courage d’écouter (et analyser) ses derniers albums ce que je n’ai pas fait et que je ne ferais sans doute jamais bon à part pour Panthéon (j’crois c’était ça le titre…) au temps où jadis l’espoir le fesait encore vivre dans mon iTunes, espoir qui s’est très vite envolé! Bref j’aurais toujours la nostalgie de LUNATIC et Temps Mort et me rappelerais toujours de cette putain de rime qui tue “Défourailler est la tactique, beaucoup d’estime pour le bling-bling, Centimes, Strings, Crimes, Putes en vitrine.” (Strass et Paillettes) Les vrais savent…

  4. Un grand bravo. T’as fait fort. T’as déja t’as place au poste “musique” dans un futur pas si lointain dans lequel je serai rédacteur en chef. ;)
    Nan sérieusement, je n’aime pas lire des chroniques/critiques/… de rap aussi longues. Je m’ennuie vite. Mais là sincèrement, l’article qui a mis plus de deux semaines à venir vaut le détour. Vraiment. Super bien emmené, bien argumenté, bien organisé. Rien à redire. On sent la culture rapologique si je puis dire.
    Maintenant voila, tu ne fais que confirmer ce que je pense de lui depuis moult temps, bien malheureusement.
    Sur ce je m’en vais cliquer sur le “Booba” de mes favoris de Itunes … Le Booba de l’époque magique de “Temps Mort” ou de “Lunatic” …

  5. J’aime bien cet article. Il y a tout un tas de choses avec lesquelles je suis en désaccord, mais tu arrives par endroit à faire percer la lumière. Notamment dans ta comparaison entre Rohff et Booba, le fait que l’un croit ce qu’il raconte, j’ai trouvé ça très intéressant. Comme si je l’avais toujours su sans jamais arriver à le conceptualiser.
    Je me sens obligé de préciser que j’apprécie beaucoup, aujourd’hui encore, le travail de Booba.

    Damien, auteur de l’article “le mâle aimé”.

  6. nous méprise tous, méprise tout. une simple méprise peutêtre !?
    vois tu, booba je pense à très mal communiqué sur cette album.
    en faisant une promo minimaliste (internet seulement), en rajoutant
    Garcimore et en faisant une intro qui tient plus à lintroduction du morceau izi monnaie (si on est indulgent) quà une véritable intro d’album comme avait pu le faire feu Big Pun (si on en demande un peu trop).
    il aurait remplacé garcimore par un morceau nouveau et aurait fait une intro (à linstar de Mauvais garcon, courte, mais quand meme un truc quoi!)
    lalbum aurait été à la hauteur des attentes (en terme dinnovations, de prise de risque, dans ce bon vieux rap fr… booba aurait encore été le fer de lance, comme quand ouest side arriva AVEC le dirty south qui va avec, import en France, par lartiste de rap le plus attendus, critiqué, mais adulé. (a lépoque).
    finalement, 0.9 sera difficilement disque dor, si une promo n’est pas rétablit à temps, avec un ou deux clips rapidement et de qualité.
    booba va devoir tirer les conséquences de cette échec cuissant, vu quil nest plus celui qui vends le plus…
    rohff est son code de lhonneur (disque dor peutetre en une semaine, ou presque quoi (50000ventes) risque de faire le meme carton que ouest side
    car son album reponds au attentes de ses fans (et groupies), rien de nouveau je pense, rien dinnovant, mais simplement peutetre voir surement le meilleur cru de roh2ff maitrisé et assez homogene (son meilleur album en somme) surement.
    finalement, booba ne fera peutetre pas 2 ou 3 albums suplémentaires, lui qui ne tolère pas la défaite, lui qui si il ne vends pas ou nest plus compétitif arrètera. peutetre apres son autopsie vol3 cet été, il sattèlera a sortir en beauté avec son dernier solo. peutetre devrait il meme annoncé cela, pour pourvoir faire un comeback surprise en guise de dernier
    tour dhonneur, de pied de nez a ce bon vieux rap fr, qui meme avec dix ans de retard sur les states (SAUF POUR ROHFF QUI LUI A DIX ANS DAVANCE ET DONC DEMANDE UN TRANSFERT DU RAP FR AU RICAIN (LOL) [ps: quand meme cette derniere ponchline est assez bien trouvé moins qui préfèrera quand meme booba a rohff... faure eva peutetre!], l’aura rendu riche et célèbre.
    ton article nest pas mal du tout, la question est : pourrais tu faire un article idem sur tout ce que b2oba dit de bien. sa plume, dans ces meilleurs fulgurances et faits darme.
    A+

  7. Je pense que tu as bien résumé, seule la formule est à prendre dans ses textes, ce qu’il dit c’est du 2,3,4,5ème degré, c’est même de l’humour 80% de ses textes, depuis ses 1ers lyrics (c.f Cash flow).

    Booba accro au bling-bling? je trouve que non, “tellement de diamants sur ma montre, je ne sais même plus quelle heure” nous informe que finalement sa montre ne lui sert à rien, que ce n’est pas un besoin absolu pour lui, ici c’est encore de l’humour.

    Pour conclure, je dirai que ce mec la kifferait se lever le plus tard possible ou se lever juste pour pisser, mais ce jour n’arrivera jamais pour lui car il vise l’infini (J’peux encore compter mon biffe biffe/Ça veut dire que j’en ai pas assez).

  8. jihadbynature Dice:

    Déjà, merci pour les compliments/critiques et conseils.

    Ensuite, quelques points à préciser ou réponses à apporter :

    # Effectivement, la promo de Booba est vraiment minimaliste, étonnant venant de lui, la décision lui appartient-elle ou est-ce un choix (surprenant et certainement mauvais) de sa maison de disque ? Un artiste comme lui peut certainement se passer d”une grosse promotion pour vendre, mais s’il veut vraiment atteindre le top des charts, ce ne sera pas suffisant. D’autant que les deux premiers clips disponibles ne sont pas vraiment excellents, pour quelqu’un qui vise un public large et pas forcement spécialiste, donc qui ne passera pas forcement son temps sur les sites specialisés hip-hop.

    # Rug’, concernant Rohff, je ne suis pas du tout d’accord : certes, tout est maitrisé, du flow (juste impressionant) aux lyrics, même l’homogénéité ne se retrouve pas forcement au niveau des prods (certaines sont énormes, d’autres plus que passables) … mais dans l’ensemble, je place cet album en dernier dans sa discographie. Ce n’est pas ce que j’attendais de lui, même si je ne fais pas partie de ses fans, de son public habituel, j’avais tout de même une certaine attente par rapport à un artiste qui a un talent hors-norme. Il avait annoncé un album qui reviendrait dans un registre hardcore, on en est loin. Et, corrige moi si je me trompe, son public n’attendait-il pas en quelque sorte un retour aux sources ?

    # “pourrais tu faire un article idem sur tout ce que b2oba dit de bien” => Si je m’arrête à ce qu’il a fait avant Temps Mort, oui, ce ne sera même pas un article, mais un hymne passionné, quand on me parle du Booba de l’époque, j’ai presque envie de lui faire une statue. Ce qu’il dit de bien ? Booba a-t-il déjà dit des choses bien ? Il a toujours, ou presque glorifié les armes, le sexe, la drogue, ecc. “J’ai fait des choses bien, je sais pas combien” …

    PS : Il est vrai que je n’ai pas parlé de l’intro … mais honnêtement je l’ai même pas compris cette intro, pour nous poser ça il aurait mieux fait de ne pas en mettre du tout.

  9. “MC tu fumes trop d’herbe, t’as pas de crédit sauf à la banque t’es qu’une grosse merde.”
    Et oui, Booba s’adresse aux autres MC.

    L’espace d’un instant vous avez failli vous croire important bande d’auditeurs. Mais non.

    La vraie analyse des textes de Booba est ici et tu l’sais : http://leblavog.wordpress.com/

    Bientôt Médine, c’est promis.
    Mais même pour déconner, Rocking Squat c’est tendu.
    Je salue ton courage de réussir à écouter ses albums en 2008.

  10. putain :D
    http://leblavog.wordpress.com/category/booba-rohff-sont-sur-un-bateau/

    ce crossover est vraiment excellent, des bonnes barres de rire.
    une critique franche des 2 mastodontes du rap avec une bonne tranche d’humour.

  11. eddy junior Dice:

    Cet article est complètement nul, c’est du n’importe quoi. Il le dit en interview, c’est pas un misogyne puisqu’il parle tout le temps des ’salopes’ tu connais pas ça toi, t’en a pas. Ah puis j’ai pas envie d’argumenter, c’est juste con, ça doit être une fille qui a écrit ça. Tu dis préférer Booba de temps mort ? ”T’inquiète bientôt on s’barre, aux States ou en Tunisie ou autre part, dès qu’y aura d’la thune ici.” Voila il le prévenait.
    ”Tasse-pé joue mon son après minuit, oublie pas d’changer le p’tit.” Gros changement hen? C’est aussi facile que de retourner les citations comme tu fais. Vous êtes tous des Zemmour.

  12. jihadbynature Dice:

    Eddy : Le souci c’est que Booba dit une chose et son contraire. Ok il va dire en interview qu’il n’est pas misogyne, est-ce que ça prouve qu’il ne l’est pas ? Quand j’écoute un artiste, je me fie avant tout, voire uniquement, à sa musique. Il parle des salopes, ça on avait remarqué, ça aurait été difficile, mais il a une furieuse tendance à considérer les femmes dans leur ensemble. Forcément, comme toute personne qui parle de ces “salopes”, il ne parle pas de TOUTES les femmes, seulement celles qui se salissent.

    Mais si on suit ce raisonnement, on peut aller loin : quand Le Pen dit qu’il n’est pas raciste, il base son argumentation sur le fait qu’il méprise, certes, certains basanés, mais pas TOUS, seulement ceux qui ne se comportent pas en bons français.

    Pour moi ton raisonnement n’est pas logique, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est nul, sinon je me serais même pas cassé la tête à répondre, mais très honnêtement il n’y a rien, si on prend uniquement en considération les textes de Booba, qui me permette d’affirmer qu’il a un véritable respect pour la femme. Après ça le regarde, je t’avoue elles me font bien marrer ses lyrics sur le sujet.

    Et non, je “ne connais pas ça moi”, je n’en fréquente pas, et je m’en porte très bien. Pour répondre à ton interrogation, l’auteur de cet article n’est pas une fille, juste un ancien fan de Booba déçu par le tournant qu’a pris sa carrière, il nous avait habitué à l’excellence, il tombe dans une pâle copie de ce qui fait aux States, lui qui avait révolutionné le rap français, je trouve ça vraiment dommage, quand on sait de quoi il est capable, y’a de quoi avoir le temps pour les regrets.

    Concernant les citations, il n’y a aucune tentative de retournement, je les ai surtout utilisé pour illustrer ce qui ressort à l’écoute de l’album, j’ai essayé autant que faire se peut de les replacer dans leur contexte … Si contexte il y a, les textes de Booba n’étant pas spécialement structurés, à quelques exceptions, il s’agit plus généralement d’un empilement de punshlines.

    J’éspère tout de même que cet article n’a pas été pris par les lecteurs comme une grosse critique négative, j’ai juste essayé de mettre en forme ce paradoxe qui fait que Booba continue de m’impressionner malgré le fait que je le trouve souvent ridicule.

  13. eddy junior Dice:

    ”mais il a une furieuse tendance à considérer les femmes dans leur ensemble.” Où t’as vu çaa? encore une fois t’interprete a ta maniere. Et encore une fois je ne comprends pas comment tu ne te retrouves pas dans le fond de ce qu’il fait aujourd’hui. Dans la forme ok, je te l’accorde, mais le fond c’est être de mauvaise foi que de dire qu’il a changé. C’est normal que la forme change, qu’il y a certains thèmes abordés dans le passé qui disparaissent: La galère, le manque d’argent et tout. C’est surment du a sa vie qui change, qu’il ne vit plus les mêmes trucs. C’est un des rares rappeurs qui reste honnete, qui n’exploite pas les galeres des banlieusards dans ses rimes. Voila j’me retrouve a laver ses slips maintenant alors qu’a la base j’voulais juste scander que y avait exageration. Merci vraiment.

  14. Laissez tomber, venez chez wam on fumera des spliffs.

    Nous sommes le blavog, ne cherche rien d’autre ailleurs.
    http://leblavog.wordpress.com/

  15. Hims Lapin Dice:

    Salut.

    Pas mal ton papier, sauf la partie sur son engagement. Perso, je trouve que Booba a une très grande conscience de sa négritude. Le bitume avec une plume, par exemple : “Depuis les chaînes et les bateaux j’rame
    T’inquiète aucune marque dans l’dos man, j’les ai dans le crâne “. Dans de nombreux morceaux, il lâche l’une ou l’autre lyrics sur le sujet “pourquoi l’Afrique vit malement. Du CP à la seconde, y’m parlent d’la Joconde et des Allemands”.
    Alors non, en effet, le mec n’est pas spécialement engagé, mais ses fréquentes évocations de l’Île de Gorée (et tout ce qui va avec) m’incitent à penser qu’il en pense pas moins.

  16. jihadbynature Dice:

    Leblavog : Des barres ton blog, continue dans cette voie, moi j’ajoute un lien dans les favoris.

    Hims Lapin : J’ai l’impression que Booba a tendance à perdre cette conscience de la négritude, c’est vrai qu’il en parlait beaucoup du temps de Lunatic, et de moins en moins sur chaque album sorti après son départ de chez 45 … Sur l’ensemble de “0.9″, il doit y avoir 3, 4 mesures qui y font référence ; pour un album complet c’est quand même très peu !!

  17. Bien que je ne suive plus l’actualité rap depuis un certain, j’avoue que ton article est génial!!
    Il me conforte dans mon opinion vis a vis de ce pantin body buildé, comme tout le mond eje reconnais son “oeuvre” passée mais là le mepris que tu décris si bien je le trouve juste insupportable et je na regrette donc absolument pas de ne pas avoir écouté ses derniers albums :D

    Apres comme tu dis le clash B2o Rohff fais sourire a coté des clash US c’est clair :D

    Esperons que Rohff ne s’enfoncera pas (plus profondément) sur le chemin que lui a tracé Booba le pti ourson…

  18. [...] vais faire simple. Surtout pas une thèse philo-psycho-analytique comme j’ai pu le faire pour l’article sur Booba. Pas non plus une critique détaillée, comme je l’ai fait pour Mesrine ou Righteous Kill. Ce [...]

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