Jacques Mesrine : L’instinct de mort
Deuxième article cinéma en moins d’un mois, faut dire que l’actualité du moment m’est plutôt favorable : un film associant mes deux acteurs fétiches le mois dernier, la biographie du légendaire Jacques Mesrine cette semaine … et sa suite le mois prochain. Que demander de plus ?
Commençons par le commencement. Un enthousiasme somme toute mesuré avant le générique : forcement ça ne pourra jamais être la même excitation que le mois dernier, dans ce même cinéma petit et moche qui me ferait presque regretter la Nef (c’est dire). Quelques motifs d’inquiétude, forcement : le plus gros, il s’agit d’un film français. Et rien que ça, ça fait flipper. Va comprendre pourquoi, à la base je me disais « c’est parce que nous, occidentaux que nous sommes, on ne peut plus regarder autre chose qu’un film américain, nous sommes conditionnés aux standards hollywoodiens ». Mais en fait pas du tout : regarde un film espagnol, allemand, italien, chinois, indien … pas de souci. Mais alors un film français !! Malgré quelques rares exceptions (en même temps une exception c’est fait pour être rare) … Autre motif d’inquiétude : ok y’a Cassel, mais le reste ? Et concernant le film en lui-même, l’adaptation de la vie du braqueur Mesrine sera-t-elle à la hauteur ?
Il est toujours difficile de rester fidèle à la vie d’un homme, surtout celui-ci, un personnage assez ambigu : à la fois légende aujourd’hui, mais détesté à l’époque par le milieu, les gangsters, le grand public … Un homme qui a su se créer un personnage, qui voulait faire parler de lui, quit à s’accuser lui-même de crimes ou de coups qu’il n’a peut-être pas commis. A ce niveau, je dois m’avouer agréablement surpris. Le film nous fait poser le regard sur un homme avec des faiblesses, de l’ambition, un homme violent, aux propos parfois racistes et au comportement ambigu avec la gente féminine, à la fois extrêmement respectueux d’un côté, et ultra-misogyne de l’autre. Parfaitement réussi donc, en tout cas selon moi, sur ce point précis.
Réalisation en phase avec l’histoire : pas trop de spectaculaire, donc un réalisme saisissant et surtout plaisant, la scène la plus représentative pour moi est celle de l’évasion : pour ceux qui s’attendaient à un remake de Prison Break, c’est loupé, et c’est tant mieux. Quelques scènes d’une violence assez impressionnante, ça plait ou pas, l’important est de savoir si le scénario le justifie. Pour moi, oui, Mesrine était un homme violent, il a commis des actes de barbarie, le meilleur moyen de le faire ressentir au spectateur est de le lui montrer. Après si t’aimes pas tu fais comme 90% des demoiselles-dames de la salle : tu caches tes yeux en disant « baaaah ».
Le jeu des acteurs ? Disons simplement : t’as Cassel, et t’as les autres. C’est vraiment la consécration pour Mister Bellucci, non seulement tu peux pas ne pas reconnaître son talent, mais surtout tu sens que le rôle est travaillé à l’extrême, t’as juste envie de dire respect. Et tu te dis aussi que si il était pas là … au secours le film tombe en lambeaux. C’est pas que les seconds rôles soient si mauvais (quoique, Cecile de France tu peux vraiment aller t’inscrire à l’ANPE, le cinéma c’est pas fait pour toi), mais voilà quoi. Mention spéciale à Depardieu derrière ses lunettes fumées, je savais même pas qu’il faisait partie du casting, en tout cas rien à redire sur sa performance.
Bande-son également en phase avec l’atmosphère du film, la musique semble là pour créer l’ambiance plus que pour l’accompagner, mais rien de gênant, . Quant aux dialogues, c’est pas du Audiard, mais certaines répliques de Jacques Mesrine-Vincent Cassel valent le détour. En conclusion, malgré quelques imperfections qui feront son charme, cette adaptation cinématographique de la vie du plus célèbre gangster français de ce siècle est une réussite. Le gros gros point noir est la fin en queue de poisson : un gros foutage de gueule destiné à amener le public une deuxième fois dans les salles le mois prochain … Nous faire un film de trois heures plutôt que deux d’une heure et demi eusse été bien plus judicieux, plus respectueux du spectateur en tout cas.
Ça ne nous empêchera vraiment pas d’aller voir le second épisode, au contraire … Mais la grosse déception, quoi qu’il en soit, vient de là. On ne dira pas merci aux producteurs. On dira juste un énorme bravo à Cassel.

Ottobre 24, 2008 a 10:33 am
t’es bon …
Ottobre 24, 2008 a 5:16 pm
T’es bonne …
(ok desolé trop facile)
Ottobre 29, 2008 a 7:49 pm
t’es con …
Ottobre 30, 2008 a 7:52 pm
Et non bande de vautours, je ne repondrais pas “t’es conne” … (la facilité c’est bien que quand c’est drôle – quoique c’était pas drôle la fois d’avant non plus)
Novembre 3, 2008 a 8:06 pm
IL est trop bien ce film!!!
Moi j’ai vraiment bien aimé!!
Il ya des moments assez…crus dirons nous (cf en zonz par exemple) mais un film à voir, très instructif, bien réalisé selon moi( cinéma français pourtant…) et Cassel…bah….CAssel quoi!!
Vivement la suite!
Parti Socialiste: T’es allé voir L’ordre et la loi??
Dicembre 14, 2008 a 6:55 pm
J’ai vu la BO du film : c’est tous les grands noms du rap hexagonal non ? C’est aussi ce qu’on entend dans le film ? Ca existait pourtant pas à l’époque !
T’es dur avec Cécile de France, mais je comprends qu’à côté de Cassel, elle brille pas. Le monsieur est une bête de travail et un acteur incroyable. Ya qques érreurs dans son parcours, mais total respect.
Je viens de revoir Arsène Lupin aujourd’hui. Romain Duris partage cette même capacité à rentrer dans un rôle à 200%. Très impressionnant.
Et Richet ? T’as vu d’autres films de lui ? Comment tu place celui-ci dans sa carrière ?
Sinon, premier com sur ton blog. Pas sûr d’être fan de Ferrari, ni du Calcio, mais je reviendrais à l’occaz ! T’es en Italie ? Italophone ? Italophile, ça c’est sûr !
Dicembre 15, 2008 a 4:05 pm
- Effectivement, la BO réunit quelques têtes d’affiche du rap français, un choix qui m’a dans un premier temps surpris, mais qui me parait au final assez logique, Mesrine étant plus ou moins une reference pour la majorité des rappeurs. De plus, une BO se voulant proche de l’ambiance du film, il devient difficile de déterminer le style musical idéal. Le rap, par sa faculté à mettre en avant un message, eventuellement, comme le fait Mokless, à raconter une histoire, voire même à provoquer, est finalement le choix le plus cohérent.
- Arsène Lupin, pas vu, et franchement ça m’interesse même pas … Ca vaut vraiment le coup, ou c’est encore un film album photo ?
- N’étant pas fan ni spécialiste de cinéma français, je connais peu Jean François Richet, cela dit j’ai bien entendu vu “Ma 6T va craquer”, un film qui selon moi à surtout cherché à surfer sur la vague de “La Haine”, sans toutefois en effleurer le quart du rendu final. Les films qu’il a tourné depuis ne m’ont guère enthousiasmé (Assault sur le central 13 notamment, vraiment pas mon style), la saga Mesrine est donc pour moi sa plus grande réussite, puisqu’il a su gommer ses defauts (pour moi il joue beaucoup trop sur le superflu et le spectaculaire), et réussir un film complet et complexe, en évitant les clichés.
Pour finir, je ne suis malheureusement plus en Italia actuellement, mais en région parisienne (là où le soleil et les sourires font grève), italophone oui, et pas qu’un peu, et italophile, la question ne se pose même pas !!
Dicembre 15, 2008 a 11:52 pm
Pour le rap, il me semble qu’il ne faut pas négliger le fait que Vincent Cassel et son frère Rockin’ Squat sont des précursseurs du genre en France. Richet aussi. D’ailleurs je suis pas sûr qu’il faille l’accabler aussi vite d’avoir “surfer sur la vague la Haine”.
Arsène Lupin est un beau film. Les rappeurs devraient se réclamer de ce héros-là. Moi je suis un fan des livres alors je peux apprécier le film. C’est plutôt très impressionnant. Presqu’américain tant c’est propre et bien ficelé. Le film ne suit pas les trames habituelles des films classiques et c’est toujous appréciables. Album photo, non ! Le film est beau, mais il se base sur une littérature riche et un personnage original. Il y a peu de héros français qui ont autant la classe. Ca me fait penser à Timbaland. Son idole c’est Thomas Crown. Le Thomas Crown affair (que ce soit celui de Pierce Brosnan ou celui de Steve Mc Queen) est un très bon film qui raconte l’histoire d’un cambrioleur de haut-vol et très élégant. L’intro de l’album de Timbaland et Magoo “Under Construction” reprend le thème du film : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18731992&cfilm=20498.html
Gennaio 26, 2009 a 2:00 pm
[...] l’article sur Booba. Pas non plus une critique détaillée, comme je l’ai fait pour Mesrine ou Righteous Kill. Ce serait gâcher l’ampleur du film que d’essayer de [...]