
L’écriture sous d’autres formes
I’ll be back …

L’écriture sous d’autres formes
I’ll be back …
- « Ta gueule Nico !»
Paolo n’était pas du genre patient, surtout quand il s’adressait à un interiste. Je ne pouvais qu’acquiescer :
- « C’est vrai Nico, tu fais trop de bruit, on va se faire repérer. »
L’algéro-laotien nous fustigea du regard. Il savait que l’opération était risquée, que nous nous devions d’être discrets et rapides, ainsi il se tût et se mit en place. La paire de Van’s qu’il avait aux pieds n’allait certainement pas l’aider en terme de vitesse d’exécution, mais nous n’avions plus le temps de nous en préoccuper.
Et puis, qui pouvait lui reprocher ce détail ? Paolo, avec ses Stabil saumon-fluo ultra-voyantes ? Romain, avec ses bottes de plomb sorties tout droit du Temple de l’eau ? Ou bien moi, avec ma paire de tongues à fleurs et ma chemise-parachute XXL rose ?
Comme souvent, Vincent et ses Pegasus manquaient à l’appel. Trop tard pour s’en inquiéter, l’opération se fera à quatre. Seulement quelques jours après l’attaque terroriste perpétrée à l’encontre de la célèbre Carenco, l’endroit était plus que jamais surveillé. Le principal suspect dans cette affaire, un certain G.Pagotto, leader d’un groupuscule néo-nazi, avait été écroué, mais malgré les multiples pressions policières, refusait d’avouer, sa défense étant principalement basée sur le fait qu’il aurait simplement cherché à extirper un mouchoir de sa poche. Incompréhensible, cherchait-il à plaider la folie ?
Peu importait le coupable, il fallait absolument passer au travers de cette protection militaire, quel qu’en soit le prix. Même si l’un des nôtres devait y laisser la vie. C’est pour cette raison que Romain partit en éclaireur : si l’un de nous devait y passer, autant que ce soit le noir. Et puis, l’obscurité ambiante était un avantage incroyable pour ce garçon : il lui suffisait de garder la bouche fermée, et il se fondait dans la nuit. Il escalada donc le mur d’enceinte, et avança furtivement, prenant soin de ne surtout pas éveiller l’attention des gardes.
Cinq minutes passèrent. Six. A la septième, le Nokia 3410 de Nico vibra : c’était le signal que nous attendions, la voie était libre. Un à un, nous franchîmes donc le mur qui bordait la propriété, et avançâmes dans la pénombre. Quelques minutes plus tard, nous avions rejoint Ro’, sagement tapi dans l’ombre d’un saule pleureur. La partie la plus difficile allait commencer.
- « Il paraît que Milan est sur un jeune brésilien, tu vas rire, le mec il s’appelle Kaka’ ! »
- « Encore un feu de paille brésilien, il va arriver en Europe, jouer une demi-saison et repartir dans son club formateur … »
Renaud et Dupont, les deux gardes étaient pris en pleine discussion footbalistique. Le silence régnait tout autour, si bien qu’entendre un oiseau à cette heure-ci de la nuit leur paru suspect. Le premier décida donc, par pure précaution, d’aller voir cet étrange volatile d’un peu plus près. Il n’eut même pas le temps de le voir. La seule chose qu’il eut le temps de distinguer, c’est un pain de glace et un maillot de l’Argentine : Nico n’avait pas manqué son coup. Il remercia Ro’ d’avoir mis en place cette diversion pour le moins inhabituelle, à base d’onomatopées sorties du fond de la gorge, de claquements de langue, et de petits couinements primaires, une technique apprise lors de sa jeunesse papouasienne, parmi le peuple de la forêt.
Lorsqu’il vit arriver les quatre compères, Maurice Dupont n’eut que le temps de ravaler ses litres de salive.
- «Tu en as trop vu, dit sèchement Paolo
- Mais comment peut-il voir, puisqu’il est aveugle ? rétorqua Maurice
- Attachons-le », conclue-je.
Pendant que Nicolas et Romain le ligotaient, je préparais avec Paolo une seringue qui nous aiderait à nous venger de toutes les heures de TD passées le lundi de 16h30 à 17h30 après deux putains d’heures de français dans la salle de grec. Lorsque Momo fût parfaitement immobilisé, mon ami le sosie de Zinédine injecta le contenu de la seringue dans l’avant-bras vieilli du captif. C’était fait. Le virus de la peste était en lui et parcourait ses veines, contaminant une à une chacune des cellules de son corps. Il fut donc mis en quarantaine.
Les gardes neutralisés, l’objectif touchait à son but. Nous pénétrâmes alors à quatre dans la maison lubrifiée, à la recherche de notre Graal : une liasse de billets d’une valeur de cent-soixante euros, «prêtés» fort généreusement par l’ami Choulay à son douilleur de camarade, Flo, a.k.a «Jack Daniels». La pénétration était presque parfaite, dans une maison tout à fait vierge : nous ne fîmes pas le moindre bruit, ne laissâmes pas la moindre trace. Ayant récupéré sans grande difficulté la somme d’argent, nous étions parfaitement satisfaits de l’opération : tout s’était déroulé comme convenu, sans bavure, sans erreur. Pour fêter cela, Nico se dirigea alors vers la machine à café, prêt à prendre sa dose quotidienne de caféine :
- «Polo, regarde, ma mère a la même machine ! Quand tu veux la vider, tu fais comme ça et … »
SPLASH !!
Des litres d’eau jonchèrent instantanément le sol. Une véritable inondation. Pas le temps de chercher une serpillière, il fallait déguerpir, et en vitesse. En toute hâte, je saisis alors Romain, qui était en train de gerber dans l’évier, par le col, et, d’un geste ignoble, celui-ci me rendit son petit déjeuner, ruinant mon pantalon, mes chaussures et ma chemise par la même occasion. Mais là n’était pas le plus grave, oooh non : nous avions réveillé la bête. Pas la bette, le truc dégueulasse que tu manges au self le midi, accompagnée par des raisins au poivre, non. La bête, celle qui sommeillait au coeur de la maison, celle qui était tapie dans l’ombre, guettant le moindre faux pas. Oui, la bête : Juan Sebastian Veron.
- « Pero quièn es usted ?! hurla-t-il
- Heu … répondis-je balbutiant, c’est parce que bah en fait heu voilà quoi c’est à dire que en fait on avait oublié notre sac de sport au gymnase et …
- Cours ! » s’écria Nico dans un geste de panique.
Je n’eut même pas le temps de faire le premier pas. Le cerbère argentin avait retiré ses lunettes et ses yeux crachaient des flammes. Encerclés par le feu, nous étions faits. Plus aucun moyen d’en réchapper, je vis ma vie défiler devant mes yeux, chacun de nous vit sa vie défiler, un peu comme quand arrive un coup de barre de fer, et que tu as un vingtième de seconde pour l’esquiver. C’est alors que Nico, dans cette succession de flashs, s’arrêta sur une image, somme toute assez récente : moi, complètement beurré, endormi, les jambes au milieu des flammes.
Quel éclair de génie ! Oubliant subitement ma frayeur, je me jetais dans le feu, brandissant rageusement un 45 Smith & Wesson chromé tah Vince dans La Haine, criant « Tu veux jouer à la vache ? Okay ! Tu veux jouer à la vache ? Okay ! On va jouer à la vache ! »
- « Putain mais d’où tu sors ce fuckin’ gun ? s’étonna Paolo
- Comme dit Salif, chez nous le taff c’est plus difficile à trouver qu’un 6.35, repondis-je
- Et comment t’a fait pour mettre Veron à terre ? enchaina Nicolas
- Comme dirait Seth Gueko, même Beckham peut pas amortir de la poitrine une balle de shtar !!
- Hèèw !! Aww’ète avè’c tes waapeuuuuuurs !! gloussa avec un énervement notable Romain
- Et puis, on est en 2003, ces lyrics ont pas encore été écrites, y’a comme qui dirait un paradoxe temporel là ! reprit Paolo
- Ah ouai merde … C’est peut-être dû à une fluctuation quantique de l’espace-temps, conclue-je Cluj. Attends mais on est en 2003, donc … je tise encore, je bédave encore … Wouuuuuuu tous chez Odry et faites péter le champagne et les spliiiiiff hahaaaaaaa !! »
Une grosse chtavarte de Nico me remit dans le droit chemin. Il est vrai, nous n’avions plus le temps de nous éterniser. Trop de contretemps, trop de minutes perdues, il fallait y aller. Nous avions encore à rencontrer le leader spirituel des révolutionnaires communistes, un certain Mario Guerrini. « Super Mario », qu’ils l’appelaient. Les sirènes retentirent, fini de tergiverser. L’entrée principale bouchée, il fallait passer par derrière. La correspondante allemande de Xavier nous ouvrit la porte du garage, nous nous faufilâmes discrètement jusqu’au fond de la propriété, et arrivâmes face à notre seule issue : la falaise.
Sans la moindre hésitation, je me jetais dans le vide, suivi de près par Paolo, puis, malgrè quelques hésitations, par Ro’, qui avait pris le soin de gonfler sa bouée afin de flotter une fois arrivé dans l’immense étendue d’eau qui se trouvait une vingtaine de mètres plus bas. Il ne manquait plus que notre ami en Van’s. Malgré nos divers encouragements (« Sauuute Nico, sauuute », « Alleeeeez sauuute », et autres « Graaaaande Gueule »), rien n’y fit. L’animal n’eut bientôt plus le temps de s’échapper. Le trappeur l’attrapa.
Après trois kilomètres de nages, nous nous échouâmes sur une plage de l’autre côté du lac. Nico était fait prisonnier. Il fallait le récupérer. Parce que, quoi qu’il arrive, tout part du Staff.
To be continued …
Rapologiquement parlant, peu de choses à se mettre sous la dent ces derniers temps. Depuis la sortie de Confessions d’un Enfant du Siècle, hormis la surprenante mais néanmoins intéressante BO de « Mesrine », rien à croquer. En manque de punshlines, en manque de samples, en manque de mélodies, je n’irais pas jusqu’à dire « en manque de beats », tu pourrais mal l’interpréter … Heureusement Médine est arrivé, et nous a sorti du vide rapologique dans lequel le microcosme des amateurs de hip-hop se trouvait (honnêtement, autant j’avais jamais vraiment accroché sur ses sons, mais là … il a changé de style d’écriture ou quoi ? C’est technique, travaillé … juste comme j’aime !!). [J'ai écrit cette phrase il y a bien deux semaines, on notera depuis les sorties de Escobar Macson ou Seth Gueko]
Et voilà que, Noël s’approchant, arrivent les poids lourds, ceux qui pèsent, ceux qui vendent, les têtes d’affiche. En deux noms : Booba et Rohff (mettons de côté Sinik et Diam’s, qui vendent au moins autant, mais qui tâtent un autre registre). Pas ceux que j’écoute, forcément. Mais la sortie de « 0,9 » sera pour moi l’occasion d’un article, quasiment d’une chronique. Pourquoi ? Bonne question. Non, je ne suis pas redevenu fan de Booba, comme à l’époque de Mauvais Œil et de Temps Mort. Oui, Booba est toujours aussi (toujours plus ?) ridicule. Et pourtant, il continue de m’impressionner. Paradoxal ? A voir dans la suite de l’article, si tu prends la peine de le lire.
Ce ne sera donc pas un article qui encensera l’ourson. Pas non plus un article qui cherchera à le tourner en dérision. Pas intéressant, et Sinik l’a fait beaucoup mieux que moi. Ce ne sera pas non plus une simple critique du dernier opus du Élie Yaffa (son veritable nom). Appelle ça article, chronique, critique, j’en sais rien, lis juste.
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De sa dépendance à l’argent
1997 :
Je suis condamné à percer sans donner mes fesses
et si ça marche, cool, sinon nique sa mère
je rapperais que pour mes frères
Je roulerais pas en Lexus, fils, je peux rien y faire
Je serais pas connu des bourgeois
ils verseront pas de cash pour moi
(Lunatic, Les Vrais Savent)
2007 :
C’est un pour la monnaie, deux pour la monnaie, trois pour la monnaie, quatre pour la monnaie
(Booba, Garcimore)
Première chose qui frappe quand on passe du Booba des débuts, à celui que l’on connait aujourd’hui : si le premier avait un fort attrait pour l’argent et le luxe, sans pour autant en faire une condition sine qua non à sa survie sur cette planète hostile, c’est pour le second une véritable obsession. «Chaque jour que Dieu fait, du cash, c’est ça que je fais » … en somme, l’argent, l’argent et l’argent. Parait-il, plus on est riche, plus on en veut. Booba ne fait que le confirmer. Il faut dire qu’entre sa musique (Ouest Side double disque de platine), sa marque de fringues (Unküt, l’une des marques de Streetwear les plus vendues en France), et ses produits dérivés (j’imagine même pas le chèque qu’on a dû lui poser uniquement pour apparaître sur la pochette de Saint’s Row), nul doute que le personnage paie l’ISF. Il le confirme, « quatre années de loyer en poche », et en redemande : « j’peux encore compter mon biff, ça veut dire que j’en ai pas assez ». Car l’artiste en est certain, « l’argent fait le bonheur j’en reste convaincu ».
Il ne se prive pas non plus pour rappeler, que, si lui pèse en monnaie, l’auditeur, lui, ne peut pas en dire autant. « J’effleure le ciel, tu touches le RMI ». Ça peut paraître prétentieux, souvent ça l’est. Mais tu ne peux pas t’empêcher de sourire en entendant certaines phrases, et de te dire « quel gros batard ». « A l’heure où je te parle, je suis peut-être à Miami, accompagné d’un 90D, à bord de ma Ferrari. ». Honnêtement, quand il est six heures du matin et que tu pars au taff, t’entends ça … ça calme. Et c’est l’effet recherché. « Tous les jours je taff dur, tous les jours je galère, tous les jours tu te demandes combien y’a de zéros sur mon salaire. » ; Et t’en as une par mesure comme ça … «J‘ai un putain de salaire, la putain de sa mère » ; En gros, je suis riche, je pèse, toi tu vaux rien, et en plus de ça tu m’écoutes. D’ailleurs, Booba le résume parfaitement par un délicat « T’as pas de crédit, sauf à la banque, t’es qu’une grosse merde ». Ça a le mérite d’être clair.
De sa passion pour le luxe
« Chaîne en or, bague en or, dents en or… Toi t’es plus un corps mais une bijouterie » (Ali, Golden Boy)
« Tellement de diamants sur ma montre, je ne sais plus quelle heure il est ». (Booba, Game Over)
Booba ne joue pas seulement au nouveau riche (plutôt qu’à l’ex-pauvre, comme le soulignerait Seth Gueko), il le vit aussi pleinement. Non content d’afficher le fait qu’il gagne en un mois ce que tu gagnes en dix années, il joue et surjoue de ça, dans un effet bling-bling des plus clinquants. On se souvient du fameux « j’ai le prix d’une Clio sur le poignet ». Dans le même style, on relèvera le tout aussi discret « tellement de diamants sur ma montre, je ne sais plus quelle heure il est ». Ali appréciera. Il est vrai que, comme certainement jamais avant 0,9, un album de rap français n’avait été conçu du premier au dernier morceau comme un album de rap US. Des prods aux featuring, de la mise en scène du produit Booba aux clips faits de biatchs et de bling-bling. Car, plus que jamais, l’ourson veut montrer ce qu’il a, se montrer, comme sur cette pochette où il apparaît torse-nu … Là où en 2003, le même ourson critiquait MC Jean Gab1 pour le même état de fait (« j’ai vu ton clip hilarant torse nu les barres t’es trop marrant »). Et, si le gringalet que je suis peut se permettre, la carrure de Gabin n’a rien à voir avec la gonflette de B2o. Et pourtant, il s’aime, ça en devient presque flippant. Il aime son biff, il aime ses bijoux, il aime même son corps («double D mon tour de poitrine») …
Autant d’amour propre, ça ferait presque flipper. L’album est construit quasiment uniquement sur de l’egotrip, ne cherchez pas des thèmes originaux. Booba apparaît donc comme sûr de lui, ne laisse transparaître aucune faiblesse dans ses textes, ou du moins très rarement, et très superficiellement : « On m’a jamais dit ce que j’allais devenir, que mes démons fuiraient mais qu’ils allaient revenir ». En effet, l’ourson ne parle quasiment pas de lui, il ne se livre donc pas. Il faut dire que l’animal n’a pas l’habitude de faire dans l’émotion ou le sentiment.
Futur antérieur
Une chose est frappante, il ne parle pas, ou très peu, de l’avenir. Est-ce parce qu’il préfère profiter de l’instant présent, lui seul le sait. B2o se contente de nous rappeler qu’il n’a pas prévu de perpétuer son nom pour le moment («ma descendance est morte dans un rouleau de sopalin»), lui qui semble parfois considérer la paternité comme une faiblesse («leur vue baisse et j’vois des couches dans leurs poubelles », Jusqu’ici tout va bien, 2002). Rien sur l’avenir, que dire du passé ? Une ou deux références à Mauvais Oeil, (« Hors de portée, mort de rire, sans remords, quand j’écoute les menaces de mort des forces de l’ordre », Bad Boy Streets) ; « j’mets le feu, n’appelle pas les pompiers ils vont se faire caillasser.»), une ou deux autres à son actualité plus récente, de ses freestyles controversés (« Lalala chatte à ta mamie », Garcirmore) à ses passages télévisés, toujours aussi controversés (« ta grand mère me reconnait car elle m’a vu à la Starac », Game Over).
De son rapport à la gente féminine
« Une fois qu’elles goûtent à mon pénis, j’ai du mal à m’en debarasser »(Booba, Game Over)
Sur ce point, au moins, rien n’a changé. En 2000, Booba « kiffe les tass, mais j’veux pas dire à mes gosses que, elles aiment les grosses voitures et les grosses queues. » (Si tu kiffes pas) … En 2008, son opinion sur les centres d’intérêt féminins n’a apparemment pas bougé d’un poil : « Une grosse voiture, une grosse queue, c’est ça que tu veux ».
En 2000, Booba disait vouloir « des lingots et puis une pute à côté de moi quand je ronfle » (Hommes de l’hombre). A l ’époque, il s’endort avec du Wu-Tang (Pas d’temps pour les regrets). Aujourd’hui, il « s’endort sur du Wu-Tang et une douzaine de tass ». Soulignons sa grande bonté, il « redonne le sourire aux michtons et aux concessionaires ». Ce qu’il conviendrait simplement de se demander, c’est de savoir si dans l’univers boobesque, la femme peut éventuellement être considérée comme autre chose qu’une pute. «Mes baskets sentent la shnek, trop de putes à mes pieds » … la réponse paraît évidente. Quand le rappeur parle d’elles, c’est assez primaire : «Suce-moi dans ma lambo sans faire de taches» ; « Elles en redemandent, elles kiffent le double décimètre » ; ou encore, « L’avaler tout entière, je crois bien que tu peux ». Je crois qu’on peut s’arrêter là. Pas de souci à se faire pour la libido de Élie (« j’ai toujours envie de baiser comme un singe bonobo »).
Ces êtres étranges que l’on appelle couramment « femmes » seraient donc uniquement des objets crées dans le but de satisfaire l’appétit de l’ourson. Quel honneur … mais, heureusement pour la fierté de Booba, ces demoiselles passent après son premier amour : « Elles me courent après, je cours après le cash », et repartent donc « le coeur brisé, le cul cassé » (Pourvu qu’elles m’aiment). Quoique, au final, c’est peut-être bien lui le plus à plaindre : «tellement de numéros, je ne sais même plus qui fourrer»…
Réponse à ses détracteurs
« putain de sono dans le coffre, plus de place pour y mettre un négro » (Game Over)
Ce n’est un mystère pour personne, Booba a certainement autant d’opposants dans le monde de la musique que Sarkozy dans celui de la politique. De Rohff (« Stratégie marketing, la taule les braco, biatch en casting, des armes en photo, il revendique la 0.9, que du bluff, avant son succès, il gérait zéro meuf, il perd son sang froid », Rap Game) à Sinik (« T’as remplacé Ali pour faire un groupe avec Tony Parker », « Maintenant c’est plus le crime qui paie, c’est la Starac », L’homme à abattre), en passant par Kyzer (« Tes parents t’ont financé l’université aux States», Délit d’Ourson) ou Gabin (« Même pas renoi, même pas rabza, juste un jaune d’oeuf mal séca » , J’t'emmerde). Et il est le premier à reconnaître que le clash n’est pas sa spécialité, en témoigne le flop de Carton Rose. Pourtant, il excelle quand il s’agit de lancer des piques à ses adversaires, sous forme de phrases subtiles et placée, de Fabe (« putain quelle rime de batard », La Lettre ; « Y’a des forts et des faibles, hardcore et des Fabe », Groupe Sanguin) à Rohff (« Génération t’inquiètes, rien que tu prends des pépètes, mais rien que tu suces », Les gens parlent d’amour), en passant par le Ghetto Fabulous Gang (« Des clochards vendent des copies de mon nouvel opus, prennent le bus pour aller sucer au marché aux puces », Le duc de Boulogne).
Booba a beaucoup d’ennemis, et c’est peut-être bien ce qui fait son succès. Rien de plus simple pour faire monter un buzz que de clasher à tour de bras, l’histoire rapologique nous le prouve, qui aurait entendu parler de Gabin ou de Kizito sans leur veine provocatrice ? Où serait aujourd’hui Fifty Cent sans son passé de clasheur ? Qui a oublié la fameuse «guerre» Tupac-Biggie ? Le beef est la façon la plus simple et la plus rapide de faire parler de soi, et quand tu t’appelles Booba, que l’on parle de toi en bien ou en mal, c’est toujours tout benèf. On a jamais autant parlé de lui qu’au moment de l ‘ « Homme à abattre » et « Carton Rose », même si, il faudrait être sourd pour ne pas le penser ainsi, Booba s’est fait démonter comme jamais. Les forums étaient en ébullition, les moteurs de recherche surchargés de requêtes, les radios en pleine effervescence … Un buzz énorme, rapide et gratuit. Les deux poids lourds (en thermes de ventes) du rap français qui s’en prennent l’un à l’autre. De quoi parler et faire parler. Aujourd’hui, de quoi parle-t-on ? De la rivalité Rohff-Booba. Les deux albums sortent quasiment en même temps, chacun jacte sur l’un ou sur l’autre, le buzz est lancé. Deux artistes qui ne se sentent plus dans leurs pompes, tout ce qu’il faut pour que ça soit énorme.
Sauf qu’on est en France, pas aux States. Aux States, ça aurait été énorme. Tupac versus Biggie, Fifty versus Kanye (nan nan pas Nelly versus KRS one s’il vous plait), Wu Tang versus Puff Daddy (ou Pididi ou Diddy ou Puff Duffy … bref Sean Combs quoi), ça, ça a fait parler, ça, c’était fort. Est-ce qu’on peut s’attendre à quelque chose d’intéressant ? J’ai du mal à y croire, l’avenir nous le dira.
Autre point intéressant, Booba semble se moquer des critiques, comme si elles n’avaient aucune incidence sur lui (« Tous ces pédés m’ont regardé à la Staracademy », Garcimore). L’ourson n’a pas honte d’avoir retourné sa veste, il le revendique presque : « Personne ne vend plus que wam, à ce que je sache » (Salade, tomates, oignons).
Booba, artiste engagé ?
« Rebelle moderne, j’en ai rien à foutre du 8 mai »
Booba n’a jamais été vraiment réputé pour l’aspect conscient de ses textes, ni pour ses prises de position en faveur de telle ou telle action. Là encore, la chose ne fait que se confirmer. Celui qui se revendique avant tout du peuple noir (« J’suis un sale négro car maman a épousé un black », Bad Boy Streets), enfant de l’esclavage, révolté par la condition des siens, semble finalement bien plus préoccupé par l’état de son compte en banque que par l’état de santé de l’Afrique : « Mon continent appelle à la rescousse, personne ne le répare » (B2oba).
La planète se meure ? Booba « roule en 4&4, rien à foutre de la pollution » (Illégal). Que peut-on ajouter à cela ?
Le monde se déchire dans les guerres de religion ? L’ourson s’en « lave le pénis à l’eau bénite » (Illégal) …
Des exemples qui parlent clairement : Elie en a tout simplement rien à taper de tout ce qui ne touche pas directement son capital boursier. Les femmes sont mises plus bas que terre, les chômeurs, les pauvres, les orphelins, les religieux, les acteurs sociaux, tous en prennent pour leurs grade, les détracteurs comme les fans sont meprisés … Booba nous méprise tous, méprise tout.
Que faut-il en penser ? Deux choses : tout prendre au pied de la lettre, et se dire que ce mec a les plus grosses chevilles de la Création, ou alors le prendre « à un degré simple », et simplement apprécier le sens de la formule de l’artiste qui ne voulait pas en être un. Et c’est justement ce qui fait la différence selon moi, entre Booba et Rohff. On peut écouter le premier sans le prendre au sérieux, il est difficile d’écouter le second en se disant qu’il ne pense pas forcement ce qu’il dit quand il part en égotrip. C’est l’essentiel, ce qu’il faudra retenir de ce billet : Booba fait toujours des sons inaudibles, mais il a toujours autant le sens de la formule.
J’ai mis de côté l’aspect purement musical, puisque ce pamphlet ne serait qu’une énorme critique sans la moindre pitié : les prod sont à la limite du supportable, les techniques utilisées frisent le ridicule (s’il vous plait les gars arrêtez avec le Vocalizer, ça passe vraiment pas, surtout quand tu racontes que tu baises le monde), et le flow de Booba sombre de plus en plus vers une monotonie fade et sans dynamisme, à se demander où est passé l’artiste qui posait sur Temps Mort.
Pour terminer, quelques liens intéressants pour éventuellement aller plus loin dans votre lecture :
Le premier est « le mâle aimé », un article qui présente de manière ironique et extrêmement réussie Booba et ses acolytes comme des étendards de l’homosexualité … A lire de tout urgence : http://chimeresdefamille.wordpress.com/2008/11/04/le-male-aime/
Une critique du précédent opus de Booba, Ouest Side, on trouvera peut-être une ressemblance entre le style d’écriture de la dite chronique, et les lignes que tu es en train de lire : http://www.abcdrduson.com/chroniques/chronique-606-booba-ouest-side-.html
« Booba expliqué à ma grand-mère » : http://www.abcdrduson.com/articles/123—booba-explique-a-ma-grand-mere-.html

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Tout autre commentaire serait superflu et inutile.
Les premières images :
Et le détail qui fait toute la différence :

Premier match de poule, face à la terrible équipe de Heerenven, qui a passé il y a peu de temps un joli 5-2 à l’Ajax d’Amsterdam sur sa pelouse … Et bah l’Ajax c’est plus ce que c’était, et ça en dit long sur le niveau du championnat hollandais. Alors, pour un non-initié comme moi, la coupe de l’UEFA, c’est :
- Jouer non pas à Old Trafford, non pas au Camp Nou, mais dans un stade qui a tout l’air du stade municipal de la ville de ton choix, où les spectateurs applaudissent à chaque fois que l’équipe de la maison réussit une passe … Flippant.
- Se permettre de faire jouer Favalli en défense centrale et de ne pas avoir la moindre once d’inquiétude. Mais les attaquants de Heerenven … mais qu’est ce qu’ils sont nuls !! C’est affolant, affolant !! Un spectacle de comicitude taciturne. Première attaque du match : centre depuis le côté gauche, l’avant-centre (bon desolé je connais pas les noms, ça doit être Van quelque chose) arrive lancé en pleine, course, il arme la reprise de volée, le stade retient son souffle … sauf que son pied passe vraiment à un bon mètre du ballon. Que nenni, le milieu droit a suivi, il recupère, centre en retrait, le second attaquant contrôle aux abords de la surface, frappe … … qui finit en touche. J’ai pas autant rigolé pendant un match depuis Potillon dans un Lyon – Saint-Etienne y’a bien cinq ans.
- Je sais qu’il faut jamais mépriser un adversaire ni une competition … mais là même Emerson se permettait des gestes techniques, faut y arrêter. Le mec il enchaine tallonade, petit pont, contrôle orienté, et les gens ils le laissent faire !! Pourtant il a conservé son allure de tortue et sa démarche de Jean-Pierre Raffarin.
- KAKA’ !!!!!!!!!!!! Tu vois d’habitude, quand il accelère, bah il laisse tout le monde sur place … Mais alors là !! C’était pas humain !! Bon faut dire le mec en face il s’appelait Breuer (je sais, tu connais pas, faut jouer l’UEFA pour connaître). Mais genre pendant que ce Breuer parcourait un mètre, Kaka’ en faisait quatre !! Mais qu’est ce que c’était marrant !!
- Y’a un mec chez Heerenven il s’appelait Sibon. Sibon. Ca m’a fait marre, Sibon. Sibon quoi. C’est moche quand même.
- Y’a des moments tu te dis que même Beckham aurait fait bonne figure, c’est dire …
- SUUUUUUUUUUPEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER PIIIIIIIIIIIPPOOOOOOOOOOOOO INZAGHI qui m’a fait pleurer une fois de plus, le 64ème en Europe (le record tient toujours …). Monsieur repart sur ses stats de la saison dernière : 85 minutes de jeu en deux matchs et deux buts. Une bonne moyenne. :’)
- La panenka sur Didou haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa j’etais mooooooooooooooooort j’en pouvais plus haaaaaaaaaaaaaaaaahahahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa mais la gueule qu’il faisait haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ça doit bien être la première fois de ma vie que je suis heureux d’encaisser un but.
- Pour le reste tout le monde a été au top : de Zambrotta à Inzaghi en passant par Gattuso (qui jouait à la place de Pirlo et qui a joué comme Pirlo, personne a compris) … Mais sinon ce serait pas plus simple de nous qualifier direct pour les quarts de finale et on en reparle après ? Parce que là me taper des matchs comme ça jusqu’en mars laisse tomber, c’est marrant une fois mais ça va devenir relou à force. Ils s’ont d’une nullité mais c’est affligeant serieux.
Ca manque la C1 :’(
Deuxième article cinéma en moins d’un mois, faut dire que l’actualité du moment m’est plutôt favorable : un film associant mes deux acteurs fétiches le mois dernier, la biographie du légendaire Jacques Mesrine cette semaine … et sa suite le mois prochain. Que demander de plus ?
Commençons par le commencement. Un enthousiasme somme toute mesuré avant le générique : forcement ça ne pourra jamais être la même excitation que le mois dernier, dans ce même cinéma petit et moche qui me ferait presque regretter la Nef (c’est dire). Quelques motifs d’inquiétude, forcement : le plus gros, il s’agit d’un film français. Et rien que ça, ça fait flipper. Va comprendre pourquoi, à la base je me disais « c’est parce que nous, occidentaux que nous sommes, on ne peut plus regarder autre chose qu’un film américain, nous sommes conditionnés aux standards hollywoodiens ». Mais en fait pas du tout : regarde un film espagnol, allemand, italien, chinois, indien … pas de souci. Mais alors un film français !! Malgré quelques rares exceptions (en même temps une exception c’est fait pour être rare) … Autre motif d’inquiétude : ok y’a Cassel, mais le reste ? Et concernant le film en lui-même, l’adaptation de la vie du braqueur Mesrine sera-t-elle à la hauteur ?
Il est toujours difficile de rester fidèle à la vie d’un homme, surtout celui-ci, un personnage assez ambigu : à la fois légende aujourd’hui, mais détesté à l’époque par le milieu, les gangsters, le grand public … Un homme qui a su se créer un personnage, qui voulait faire parler de lui, quit à s’accuser lui-même de crimes ou de coups qu’il n’a peut-être pas commis. A ce niveau, je dois m’avouer agréablement surpris. Le film nous fait poser le regard sur un homme avec des faiblesses, de l’ambition, un homme violent, aux propos parfois racistes et au comportement ambigu avec la gente féminine, à la fois extrêmement respectueux d’un côté, et ultra-misogyne de l’autre. Parfaitement réussi donc, en tout cas selon moi, sur ce point précis.
Réalisation en phase avec l’histoire : pas trop de spectaculaire, donc un réalisme saisissant et surtout plaisant, la scène la plus représentative pour moi est celle de l’évasion : pour ceux qui s’attendaient à un remake de Prison Break, c’est loupé, et c’est tant mieux. Quelques scènes d’une violence assez impressionnante, ça plait ou pas, l’important est de savoir si le scénario le justifie. Pour moi, oui, Mesrine était un homme violent, il a commis des actes de barbarie, le meilleur moyen de le faire ressentir au spectateur est de le lui montrer. Après si t’aimes pas tu fais comme 90% des demoiselles-dames de la salle : tu caches tes yeux en disant « baaaah ».
Le jeu des acteurs ? Disons simplement : t’as Cassel, et t’as les autres. C’est vraiment la consécration pour Mister Bellucci, non seulement tu peux pas ne pas reconnaître son talent, mais surtout tu sens que le rôle est travaillé à l’extrême, t’as juste envie de dire respect. Et tu te dis aussi que si il était pas là … au secours le film tombe en lambeaux. C’est pas que les seconds rôles soient si mauvais (quoique, Cecile de France tu peux vraiment aller t’inscrire à l’ANPE, le cinéma c’est pas fait pour toi), mais voilà quoi. Mention spéciale à Depardieu derrière ses lunettes fumées, je savais même pas qu’il faisait partie du casting, en tout cas rien à redire sur sa performance.
Bande-son également en phase avec l’atmosphère du film, la musique semble là pour créer l’ambiance plus que pour l’accompagner, mais rien de gênant, . Quant aux dialogues, c’est pas du Audiard, mais certaines répliques de Jacques Mesrine-Vincent Cassel valent le détour. En conclusion, malgré quelques imperfections qui feront son charme, cette adaptation cinématographique de la vie du plus célèbre gangster français de ce siècle est une réussite. Le gros gros point noir est la fin en queue de poisson : un gros foutage de gueule destiné à amener le public une deuxième fois dans les salles le mois prochain … Nous faire un film de trois heures plutôt que deux d’une heure et demi eusse été bien plus judicieux, plus respectueux du spectateur en tout cas.
Ça ne nous empêchera vraiment pas d’aller voir le second épisode, au contraire … Mais la grosse déception, quoi qu’il en soit, vient de là. On ne dira pas merci aux producteurs. On dira juste un énorme bravo à Cassel.

Pour changer de registre par rapport à l’article precedent … Petit point foot avec un rapide retour sur les choses qui m’ont marqué ces derniers jours.
L’internazionale va enfin degager de San Siro et aller se construire un stade en périphérie … Déjà on dit merci Moratti, ensuite vivement, parce que ce sera pas avant 2012, mais l’important c’est que ce soit enfin officiel !! Je rappelle pour la petite histoire que Meazza a toujours été occupé par les rossoneri, qui ont accueilli en 1941 les nerazzurri dans leurs stades, un squattage de 70 ans quoi. Ca va faire bizarre au premier derby qui ne se jouera pas à Meazza … Galliani quand à lui a annoncé son intention de rénover le stade actuel, et de ne pas abandonner un lieu historique comme celui-ci.
La demission de Basile, selectionneur argentin, après l’historique défaite face au Chili … En même temps il a une équipe qui sur le papier ferait peur à tout le monde excepté Buffon, et il se traine à sept points du Paraguay dans la zone Amsud. Autant dire que ça paraissait inevitable dans ce pays de sauvageons. Maintenant, qui pour lui succeder ? On parle d’un tandem Sensini-Baptistuta (je savais même pas que Batigol avait ses diplômes d’entraineur), ou d’un autre Batista-Maradona (là dessus je suis encore plus sceptique, Maradona selectionneur, sans rien enlever à sa grandeur footbalistique, autant mettre Gascoigne à la tête de l’Angleterre …). Le choix le plus censé me semblerait Miguel Angel Russo, l’entraineur de San Lorenzo, ou alors Diego Simeone, dont la principale faiblesse me semble être le manque d’experience à ce niveau.
Puisqu’on parle d’entraineurs, Dunga sur la sellette, comme après chaque match de Brésil ou presque, et, en France, Domenech confirmé. Ma seule reaction : DE LA BOMBE on va continuer de se taper des grosses barres de rire avec Raymond. Pour en finir, un mot sur Capello qui est en train de faire son Angleterre la meilleure équipe de l’histoire du pays, ou pas loin.
Gourcuff qui met tout le monde d’accord dans l’hexagone, je suis assez pessimiste là dessus mais esperons qu’on le reprenne … En même temps quand Galliani declare : « si il revient, il aura de la concurrence avec Gattuso, Ambrosini, Flamini et Emerson » … Ok coco mais Gourcuff et Emerson c’est pas vraiment le même joueur, je sais pas y’en a un qui a des pieds et l’autre bah c’est Emerson quoi.
Le record de Pozzo egalé par Lippi : 30 matchs consecutifs sans defaite à la tête de l’Italie, c’est juste anthologique. 30 matchs ça donne un championnat entier quand même
Les deux buts de Balotelli en Israël (kl), aussi magnifiques l’un que l’autre, une seule chose à dire, vivement qu’Abramovitch vienne poser un chèque pour le sortir du guépier interiste dans lequel il se trouve. Et la potentielle attaque de L’Italia Under 21 à l’Euro : Giovinco – G.Rossi – Balotelli

Deux extraits d’articles pour exposer les faits :
## Âmes sensibles s’abstenir, certains passages sont carrement hardcores ##
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Pierre Bellanger ne ressent donc manifestement aucune culpabilité. Ce n’est pas de sa faute s’il est un obsédé sexuel ! Son histoire l’explique. Mais la présidente d’audience remet heureusement les pendules à l’heure : “C’est pas grave d’être un obsédé sexuel. Le seul problème, c’est que Laetitia était mineure.” Un détail qui a dû échapper au “maître”. Quant au procureur, François Sottet, s’il a reconnu qu’”il manquait des éléments essentiels pour faire d’Halcyon une mini-secte”, il a estimé que Pierre Bellanger avait bien “dévoyé” la jeune fille, qui “en huit mois a appris ce que d’autres mettent 30 ans à découvrir”. Il a, par ailleurs, stigmatisé chez le patron de Skyrock “une recherche de la minorité, et encore plus de la virginité”.
Le PDG de Sky garde néanmoins la pêche et le sens de la déconne en lançant, lundi dernier, à la présidente d’audience : “On me présente comme un gourou, mais vous connaissez beaucoup de gourous qui ont de l’humour, qui comme moi vont à Disneyland en se mettant des frites et de la mayonnaise dans le nez ?” Il faut oser sortir un truc pareil devant un tribunal encore écoeuré par ce qu’il vient d’entendre, le bouleversant témoignage de Laetitia…
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“”Pierre m’a ordonné de tenir un journal intime que je devais lui remettre régulièrement. Il me demandait d’y écrire des propos pornographiques, afin de dompter ma bête par le sexe, me disait que ma bête sentait mauvais, qu’elle voulait être frappée. Et de m’expliquer que si je tremblais, c’est parce que j’atteignais les astres.”
En cas de non respect des rites, il y avait des sanctions. On ne rigole pas avec les règles à “Halcyon” (on n’est pas à Skyrock ! qui prône le “zéro limite”). Accrochez-vous… Selon Laetitia, le “maître” punissait ses femmes avec les supplices suivants : coups dans le ventre, douches glacées, expositions nues sur le balcon, excuses nues et à genoux, fellations imposées après sodomie… La panoplie du parfait sadique.
L’adolescente restera huit mois au sein d’Halcyon, avant d’en être exclue parce qu’elle avait rencontré un autre homme. Le règlement, c’est le règlement ! Il lui faudra trois ans pour réaliser qu’elle a été “manipulée” et “humiliée”, et pour porter plainte.
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“Ni affabulatrice, ni mythomane” : tel est l’avis que deux experts-psychiatres ont rendu lors de l’audience concernant la personnalité de Laetitia. Un avis qui ne fait pas l’affaire de Pierre Bellanger. Celui-ci est accusé très précisément d’avoir “favorisé la corruption d’une mineure en l’initiant à diverses formes de sexualité, notamment de groupe, homosexuelle ou sado-masochiste, y compris avec la participation de sa soeur aînée“. Il encourt une peine (somme toute légère) d’un an de prison avec sursis. (agoravox.fr)
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Le 30 décembre 1999, se souvient Lætitia, «les femmes sont venues me chercher, me disant : “Pierre veut que ce soit toi qui montes ce soir.”»Les trois femmes coiffent la jeune fille, l’enduisent d’huile. Le lendemain, Pierre Bellanger note dans son journal : «Belle journée, L. [Lætitia, ndlr] dans mon lit. Mon sexe est faible mais je donne à cette femme sa virginité, elle la prend elle-même en venant sur moi, je la prends le lendemain matin.» «Je ne voulais pas de ces rapports sexuels, martèle Lætitia. Or, au fil du temps, ils sont devenus physiquement de plus en plus durs.» Sodomie – parfois suivie d’une fellation -, claques sur les fesses, car «Pierre disait que ma “Bête” voulait être frappée». Avant le sexe, Lætitia attend près du lit, à genoux et nue, sur le carrelage. Après l’acte, elle doit parfois embrasser et remercier le sexe du «Maître».
La jeune fille partage des relations à plusieurs, y compris homosexuelles, en présence de sa sœur Emmanuelle. Chaque soir, Lætitia doit écrire dans un journal intime que le «maître» avait exigé et qu’elle devait déposer devant sa porte. Le récit est structuré autour de «la Bête» (le mal), «l’Ame» (le bien) et l’«Ego» (la partie de l’être qui décide). «On me disait un peu quoi penser», estime avec du recul la jeune femme. La lecture de ce texte donne une idée de la confusion dans laquelle vivait l’adolescente : «Ce matin, alors que Pierre dormait, je suis montée dans la cuisine et j’ai fait du bruit. C’est dégueulasse d’avoir réveillé Pierre. Je lui ai manqué de respect.» ; «Pierre nous fait l’amour dans la beauté. Il rend la sexualité puissante et merveilleuse. Pierre est beau.»
«Ce journal est la pierre angulaire de la perversion, a argumenté l’avocat de Lætitia, Me Rodolphe Bosselut, un spécialiste des affaires de sectes . En imposant à cette jeune fille une narration pornographique, on voit bien le rapport d’initiation et de domination.» Domination encore : le serment du secret. La propre mère de Lætitia n’a jamais su qu’Emmanuelle, à qui elle rendait si souvent visite, vivait avec un homme, et encore moins, bien sûr, avec d’autres femmes. Quitter Halcyon était possible, certaines semblent avoir pu le faire sans difficulté. Mais l’une d’elles, Marie-Laure, a évoqué la «pression mentale très subtile» qu’exerçait Bellanger sur les compagnes qui songeaient à le quitter. A Lætitia, il avait ainsi prédit qu’elle finirait «dans le caniveau».
Toute la communauté d’Halcyon était régie par un système de punitions et de récompenses, même si Emmanuelle, Cathy et Constance ont, dans un registre quasi identique, réfuté cette idée en insistant sur leur liberté de choix. Douches froides d’une vingtaine de minutes, exposition nue sur la terrasse, mais pas de violence physique, sanctionnaient certaines fautes. Un soir, Constance a ainsi dû uriner sur la terrasse car malgré les 3 litres d’eau qu’elle avait bus, elle n’avait pu se soulager pendant l’acte sexuel, ce qui était son habitude avec Pierre.
Les huit mois de Lætitia dans les griffes d’Halcyon ont pris fin lorsqu’elle a commis la «faute» de flirter avec un moniteur de ski nautique, lors de vacances du groupe à Madagascar. «C’est déjà assez compliqué à quatre, alors si on va voir ailleurs, on n’en sort plus !» s’est exclamée Constance, arguant aussi «d’un contrat moral de fidélité». Pour se faire pardonner, Lætitia réunit ses économies, 37 000 francs à l’époque, et propose d’offrir au groupe un magnifique lustre en cristal. On le lui refuse, au motif que la réhabilitation ne peut être rachetée.
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Un autre avait vu le risque de la situation. Il s’agit de Claude Leplace, le voyant de Skyrock, l’homme qui a initié Pierre Bellanger à l’ésotérisme. A son sujet, le président de Skyrock écrit dans son journal, le 6 décembre 1999 : «Claude demande qu’Emma ramène sa sœur.» Il venait tous les dimanches à Halcyon et avait conseillé de se méfier de Lætitia car elle était mineure et pouvait causer des ennuis. «Un bon voyant !» a ironisé la présidente. (Liberation)
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Pas de commentaire personnelle, je crois qu’il n’y en a vraiment pas besoin. Un mois de sursis, qu’est ce tu veux dire de plus.
Tout se paiera, ami mégalo, point d’inquiétude, mais quand même si quelqu’un croise l’ami Bellanger dans la rue et qu’il lui abime violemment la gueule et lui brise quelques os, je ne lui en voudrais pas l’espace d’un instant. Je suis même prêt à fournir baril d’essence et briquet. A ne pas prendre comme une incitation, bien sûr (à ton avis c’est ironique ou pas ?).
Fin.

Monsieur Pierre Bellanger
Ou en français : la loi et l’ordre. Je sais, ça sonne moins bien. Mais n’y allons pas par quatre chemins quand un suffit : ce film est tout simplement jubilatoire. Pour te faire ressentir ça par des mots simples : j’avais pas autant kiffé devant un film depuis Heat. Carrément.
Exemple simple : Tu vois, dans Heat, la scène mythique où Al Pacino et Robert De Niro sont assis l’un en face de l’autre, au café. Bah c’est un peu ça … mais ça dure une heure et demi.
Autre chose de tellement simple que ça en devient jouissif : on avait jamais vu Al Pacino et De Niro dans le même plan au cinéma. Jamais. Dans le Parrain, ils ne jouent aucune scène ensemble. Dans Heat, ils sont, au mieux, face à face, mais jamais dans le même plan. Et là … L’unique fait de les voir, ensemble, dans la même scène, sur le même plan … Au mieux tu frissonnes, au pire tu pleures. Et sachant que tout au long du film, tu les vois rarement, mais alors très rarement, l’un sans l’autre. Autant dire que t’as du mal à t’en remettre. Et que si il y a bien une chose que tu regrettes pas, c’est la somme plus ou moins rondelette que t’as mis dans la place de ciné. Et t’attends qu’une chose, c’est pouvoir de nouveau mettre une somme rondelette dans l’acquisition du DVD. Et surtout tu sais pas si tu vas avoir la patience d’attendre jusque là, et t’hésites même à retourner au cinéma dès ce soir.
Parce que, avant de parler du film en lui-même, soyons clairs : certes, j’attendais ce film comme jamais auparavant, mais surtout, j’avais peur, mais vraiment peur d’être déçu. En témoigne mon état juste avant le film : exactement comme avant un match important : stressé et impatient. Je savais que je n’allais pas être déçu par mes deux acteurs fétiches. Ma crainte concernait plutôt le film en lui-même : la mise en scène, le scénario, allaient-ils être à la hauteur du charisme et du talent des deux grands ? Alors, bien évidemment, l’un comme l’autre sont capables de donner à un film quelconque un intérêt énorme, mais leur première association (puisque dans Heat, on parlera plutôt d’opposition) ne pouvait pas se faire ailleurs que dans un chef d’œuvre. Le résultat est bluffant.
La mise en scène a priori impeccable par son efficacité, se revèle grandiose, mettant en jeu les deux acteurs principaux ensemble, puis en oppositions (chez le psy, scène déjà culte pour moi), mêlant flash-back, explications, intrigue, dialogues, monologues, humour, action, reflexion … En bref, tout ce qu’il faut. C’est réalisé par Jon Avnet, quasiment un illustre inconnu pour moi, puisque tout ce que j’avais pu voir de lui était sa participation à 88 minutes il y a quelques années.
Pas mal de clins d’oeil à Heat, L’Impasse, et autres classiques des deux compères italo-américains …
Le scénario ? Haha si tu savais … Disons que si t’as pas encore vu le film, attends toi à rien du tout, regarde-le l’esprit léger, sans rien attendre. Souviens-toi juste de la première fois où t’as vu Fight Club, et où t’as eu le cerveau retourné quand t’as compris que Tyler Durden n’existait pas. T’inquiètes pas, ça a rien à voir, mais je me permets la comparaison. Et j’en dis pas plus pour ne rien te gâcher quand tu vas câbler devant LA scène.
Le jeu des acteurs ? Ne parlons pas des deux principaux, tu te doutes que ça se passe de commentaires. Ma principale crainte concernait Curtis Jackson, aka Fifty Cent … Une bonne, et une mauvaise nouvelle le concernant : sa participation est bien moindre par rapport à ce que je m’attendais. C’est vraiment un personnage secondaire, il est important, à tout casser dans deux scènes du film. La mauvaise : sa doublure en français est CA-TA-STRO-PHIQUE !! Donc, film à revoir, bien entendu, en VO … Les autres acteurs : excellents. John Leguizamo, le Benny Blanco de l’Impasse, Donnie Wahlberg, Oleg Taktarov (le Oleg de 15 minutes) … D’excellents seconds rôles, si on met de côté Curtis Jackson, le casting est plus que réussi.
J’ai cru entendre deux-trois critiques, sans chercher plus loin, ça ne ferait que gâcher mon plaisir. Mais juste une chose, parce que apparement les gens, les moutons, n’ont pas compris : FAUT PAS S’ATTENDRE A VOIR HEAT NUMERO DEUX MA GUEULE !! Righteous Kill est un vrai policier, Heat non. Mais la vraie difference est (prepare une aspirine ma phrase va faire mal à ton crâne de piaf) : Heat est une opposition associative, alors que Righteous est une association oppositionniste. Explication, et après on va songer à s’arrêter, parce que l’article part un peu n’importe où là.
En clair :Heat oppose deux personnages, qui finissent par se rapprocher et à se trouver nombre de points communs. On part donc d’une reelle opposition pour tendre vers une simili-association. Righteous Kill propose deux coéquipiers, que tout semble rapprocher, et qui tendent à se differencier et à complêtement s’opposer au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue.
Finissons-en avec cet article, le mot de la fin ? Ce film est jubilatoire. Ca aurait suffit en guise d’article. A la prochaine ma gueule.

Liste de choses que j’avais prévu de faire avant mes 21 ans :
Liste de choses à faire avant mes 31 ans :
Liste de choses à faire avant de mourir :